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N'oubliez pas le Darfour

[IMG] Eleve au Darfour
Elève dans une école du Nord Darfour après une distribution de cahiers.

30 juin 2006

Ignoré du grand public, loin des paysages de cartes postales, le Darfour traverse une crise qui affecte des millions de personnes déplacées. 80% des fonds réclamés par l'Unicef pour 2006 manquent encore, ce qui menace la poursuite des actions en matière d'eau, de santé, de nutrition, d'éducation et de protection de l'enfance.

Environ 3,6 millions de personnes ont été touchées par la crise qui se poursuit au Darfour depuis 2003. La population a toujours besoin de services sociaux de base. Après un espoir de retour pour environ 1,9 million de personnes déplacées l’année dernière, il semble que la population doive rester durablement dans les camps. Un village comme Mornay a vu ainsi sa population passer de 4 500 à 85 000 personnes, avec tout ce que cela suppose non seulement en terme de subsistance mais aussi d’infrastructures, de logements, d’évacuation des déchets…

Près d’1,8 million d’enfants ont été affectés par ce conflit. Certains d’entre eux ont été amenés à se déplacer à de multiples reprises à mesure que les attaques se répétaient. Marquée tout à la fois par la violence, la maladie, la malnutrition et la dépendance, cette génération, affaiblie, risque de glisser vers le cycle de la pauvreté.

L’Unicef et d’autres organisations travaillent à protéger les communautés des effets de ce conflit, mais les fonds, déjà limités, s’épuisent rapidement. Les ressources actuellement disponibles pour toutes les agences sont moindres qu’en 2005. L’année dernière, l’Unicef a reçu pour le Darfour plus de 53 millions de dollars (près de 43,5 millions d’euros), soit environ 43% du total nécessaire. Pour 2006, l’Unicef a estimé ses besoins à 89 millions de dollars (72,35 millions d’euros) : il en manque encore 80%.

Sans un investissement rapide et conséquent, tous les progrès faits pour limiter les effets de la crise risquent d’être anéantis.

Interventions clés

Eau et assainissement
Plus de 2,3 millions de personnes, soit 70% de la population affectée par le conflit a pu accéder à l’eau potable.

  • Réhabilitation et installation de pompes manuelles,
  • forage et équipement de puits,
  • stockage d’eau et installation de citernes,
  • construction de latrines collectives,
  • formation et maintien de comités d’hygiène et de santé.

Santé et nutrition
80% des centres de santé soutenus par l’Unicef fournissent des services améliorés de vaccination.

  • Soutien à la vaccination : campagnes contre la polio, la rougeole et supplémentation en vitamine A,
  • formation de personnel de santé pour le traitement de la malnutrition et la prévention des maladies et des urgences,
  • distribution de lait thérapeutique, d’UNIMIX et de suppléments nutritionnels BP5,
  • approvisionnement en kits de santé pour usage itinérant, kits obstétriques et kits d’urgence obstétriques,
  • bicyclettes et motos pour le personnel de santé.

Education
Plus de 380 000 enfants scolarisés (46% de filles).

  • Construction de bureaux pour enseignants et de salles de classes provisoires,
  • réhabilitations et fourniture de matériel pour les écoles permanentes existantes,
  • fourniture de kits pour élèves et classes, ainsi que d’équipements sportifs et récréatifs,
  • formation d’enseignants,
  • fournitures d’uniformes pour les enfants, particulièrement pour les filles.

Protection
Des espaces pour les enfants et des activités psychosociales touchent plus de 170 000 personnes déplacées et d’enfants affectés par le conflit.

  • Prévention et réponse à la violence à l’encontre des femmes,
  • informations sur les cas de viol et de violence à l’encontre des femmes transmises aux autorités locales,
  • formation du personnel humanitaire et gouvernemental aux mesures de protection de l’enfance et de prévention de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants,
  • études menées en vue de conduire des actions de plaidoyer pour les enfants.

Secours non alimentaire
Fourniture de bâches plastique, de cordages, de savon, de tasses, de seaux, de jerrycans, de vêtements, de couvertures pour bébés, de marmites et de bols, de moustiquaires pour lits, imprégnées d’insecticide, pour réduire le risque de paludisme.