Angola : de l'eau salubre pour enrayer l'épidémie de choléra

Publié le vendredi 09 juin 2006
Modifié le mercredi 19 août 2009
Angola : de l'eau salubre pour enrayer l'épidémie de choléra
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Entourées de seaux, bidons et cuvettes en plastique, Susana Neto et Catarina Figueiredo ont du mal à répondre à la demande au point d'eau installé en bord de route à Boa Vista, l'un des bidonvilles de Luanda.

La pire flambée de choléra que l'Angola ait jamais connue a commencé en février et elle s'est rapidement propagée à d'autres régions du pays. La surpopulation dans les taudis, le manque d'eau salubre et de moyens d'assainissement en étaient les causes principales.

Au début de cette année, entre 500 et 700 nouveaux cas étaient enregistrés chaque jour à Luanda. Aujourd'hui, au point de distribution d'eau de Boa Vista, on est plus optimiste. « Nous avons eu beaucoup de décès dans le quartier », dit Mme Figueiredo qui, comme Mme Neto, fait partie de l'association de quartier responsable de la distribution de l'eau. « Aujourd'hui, il y en a beaucoup moins et, heureusement, aucun membre de ma famille n'a été malade ».

Enrayer l'épidémie

L'Unicef, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres partenaires importants soutiennent le gouvernement dans les efforts qu'il déploie pour contenir l'épidémie. Ils ont distribué de l'eau potable, du chlore pour purifier l'eau, des fournitures médicales d'urgence et du matériel pour mobiliser les habitants contre la maladie.

Mme Figueiredo estime que la chute du nombre de décès a été rendue possible par la livraison d'eau salubre et la campagne de porte à porte menée par des bénévoles qui offrent aussi du savon, de l’eau de javel et des prospectus expliquant aux familles comment éviter le choléra et que faire si quelqu'un tombe malade.

Cependant le choléra résiste. Et bien que le nombre de cas à Luanda et dans d'autres provinces diminue, l'épidémie continue de se propager dans le pays. A ce jour, la maladie a infecté près de 40 000 personnes et fait près de 1 500 morts. Le gouvernement signale 300 nouveaux cas par jour ; plus de 35% de ces cas concernent des enfants de moins de cinq ans.

L'Unicef continue de travailler avec le gouvernement et d'autres partenaires et redouble d'efforts pour acheminer plus vite l'assistance technique et les fournitures à Luanda et dans d'autres provinces. De nombreux donateurs ont promis des fonds supplémentaires pour aider l'Unicef.

La crise est une « sonnette d'alarme »

Selon l'Unicef et l'OMS, 50% des Angolais n'ont pas accès à l'eau potable, et seulement 30% utilisent des moyens d'assainissement adéquats. Après un conflit qui a déchiré le pays pendant 27 ans, des millions de personnes déplacées survivent dans des taudis surpeuplés. « La flambée de choléra en Angola nous rappelle que plus d'un milliard de personnes sur la planète affrontent ce danger simplement parce qu'ils n'ont pas accès à un approvisionnement en eau salubre, affirme Akhil Iyer, responsable du programme de l'Unicef dans la région. Et comme c'est bien trop souvent le cas, ce sont les plus jeunes qui souffrent le plus ».

M. Iyer estime que la crise pourrait être une « sonnette d'alarme » pour la communauté internationale. « Nous devons intervenir dès maintenant pour espérer atteindre l'Objectif du Millénaire des Nations unies qui consiste à diviser par deux le nombre de personnes qui n'ont accès ni à l'eau potable ni à l'assainissement d'ici à 2015 ».

A Porto Pesqueiro, tout près du point de distribution d'eau de Boa Vista, une citerne vide se trouve en plein soleil, à côté d'une file de bidons, vides eux aussi. Des enfants qui jouent dans une décharge à proximité affirment qu'il n'y a pas eu d'eau depuis deux jours. « Mais le camion devrait bientôt arriver », disent-ils avec confiance.