Burkina Faso : 190 enfants retirés du travail grâce à un programme Unicef

Depuis 2002, l’Unicef France soutient un programme de lutte contre les pires formes de travail des enfants, qui a permis le retrait des sites aurifères de 190 enfants orpailleurs ainsi que leur réintégration socio-économique.
Publié le dimanche 10 juin 2007
Modifié le mercredi 19 août 2009
Burkina Faso : 190 enfants retirés du travail grâce à un programme Unicef
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L'orpaillage est l'exploitation artisanale des ables alluvionnaires afin de récupérer des particules (poudre, paillettes, pépites) d’or. Cette activité inclut l’extraction du minerai au fond des galeries aurifères.

En 2002, sur deux sites aurifères du nord-est du Burkina Faso, environ 650 enfants de moins de 15 ans travaillaient dans des conditions à la fois précaires et dangereuses pour leur santé (durée excessive du temps de travail (plus de 10h/jour), exposition à des accidents mortels et maladies respiratoires graves, malnutrition, consommation de drogues diverses…)

L’Unicef France, dont une des priorités est d’assurer la protection des enfants, a donc décidé d’initier, en partenariat avec la Caisse d’Epargne (dont le soutien financier à ce projet s’élève 169 717 €), un programme de "Récupération et réintégration socio-familiale et économique des enfants orpailleurs" qui porte aujourd’hui ses fruits.

Ce programme qui touche à sa fin, a permis le retrait de 190 enfants orpailleurs des sites aurifères ainsi que leur réintégration dans un environnement familial, communautaire et/ou éducatif protecteur. Dans la perspective d’éradiquer sur le territoire national le travail des enfants, différentes activités ont été mises en place visant à la fois les enfants orpailleurs, leurs familles, les communautés mais également les autorités locales.

Alphabétisation et formation professionnelle

D’une part, les enfants orpailleurs retirés de manière effective des sites aurifères ont bénéficié, en vue de leur réhabilitation, de différents services tel que la réintégration dans leur famille et/ou communauté, l’alphabétisation, la formation professionnelle… Ainsi, 40 enfants ont reçu une formation technique à l’activité d’embouche (1) et de suivi vétérinaire des animaux. 90 autres ont reçu une formation professionnelle aux métiers de la menuiserie et de la mécanique pour les garçons, et à ceux de la couture et de la cuisine pour les filles. Et 60 enfants ont suivi un programme d’alphabétisation de base.

Par ailleurs, et afin d’assurer les retombées futures du programme, chacune des mères des enfants retirés des sites aurifères ont bénéficié de session de formation à l’embouche et aux soins vétérinaire. Elles ont également reçu une enveloppe budgétaire leur permettant une activité génératrice de revenu dans le domaine agricole.

D’autre part, des campagnes de sensibilisation sur les dangers du travail des enfants ont été réalisées dans les villages avoisinants les sites aurifères recruteurs et un fort plaidoyer a été mené auprès des autorités locales politiques, administratives et religieuses. Des formations sur la sensibilisation aux pires formes de travail des enfants ainsi que sur les IST (VIH/sida) ont été proposées aux acteurs sociaux locaux.

Aujourd’hui et malgré le retrait de ces 190 enfants des sites aurifères, au Burkina Faso, comme dans beaucoup d’autres pays, des milliers d’enfants travailleurs sont encore à la tâche, privés de leurs droits les plus élémentaires.

(1) Emboucher = engraisser.

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