Chaque année, 500 000 femmes meurent de causes liées à la grossesse et à l’accouchement

Ce constat est documenté dans la nouvelle édition du rapport de l’Unicef Progrès pour les Enfants. Le taux de mortalité maternelle s’est amélioré de 5,4% dans le monde entre 1990 et 2005, soit une diminution de 430 à 400 décès pour 100 000 naissances vivantes, mais connaît de fortes disparités selon les régions du monde. Le rapport détaille les progrès enregistrés dans un grand nombre de pays mais alerte également sur la nécessité d’apporter des réponses efficaces là où la mortalité maternelle reste la plus forte.
Dans les pays en développement, le risque de décès dû à des complications liées à la grossesse et à l’accouchement est de un sur 76, contre un sur 8 000 dans le monde développé. Au total 99% des décès maternels surviennent dans les pays pauvres, dont 84% en Afrique subsaharienne et en Asie du sud. Au Niger, on estime qu’une femme sur 7 risque de succomber à des hémorragies, à la septicémie, à des troubles liés à l’hypertension, à un travail prolongé ou à une obstruction de travail, ou bien encore à un avortement non médicalisé. Il est donc impératif que des soins essentiels soient administrés tout au long de la grossesse, au cours de l’accouchement et au cours de la période post-natale.
Le rapport établit que c’est en Afrique subsaharienne que le problème est le plus grave, mais c’est aussi là que les progrès sont les moins probants. Les causes de décès sont claires : les femmes n’ont pas ou peu d’accès aux soins médicaux ou la qualité des soins est insuffisante.
Les causes de la mortalité maternelle sont si évidentes, tout comme les moyens de les combattre, qu’il est difficile de ne pas conclure que le faible statut social, politique et économique des femmes dans de nombreuses sociétés explique en grande partie les faibles moyens mis en œuvre pour y remédier. Seule une réelle détermination politique et une mobilisation des ressources pour la santé maternelle permettront de réduire la fracture sanitaire entre pays industrialisés et pays en développement.
Pour lutter contre la mortalité maternelle, l’Unicef continue de préconiser un continuum de soins incluant la nutrition, la prévention des grossesses non désirées et des avortements non médicalisés, des soins prénatals, la présence de soignants qualifiés à la naissance, des soins obstétricaux d’urgence, et des soins post-partum pour la mère et l’enfant.
« Les améliorations en matière de santé maternelle que recommande le rapport auront des répercussions bien au-delà des femmes qui sont menacées, souligne Ann Veneman, Directrice générale de l’Unicef. L’impact sera bénéfique pour leurs enfants et leurs familles, et pour leurs communautés et leurs nations ».
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