Dean est passé sur la Jamaïque

De nombreuses communautés se retrouvent isolées. L’Unicef avait pré positionné des secours de santé et d’accès à l’eau. L’urgence concerne aussi la protection et l’éducation. Premiers constats après l’ouragan.
Dean est passé sur la Jamaïque
[IMG] Dean
De
À

Dean, un cyclone de catégorie 4, vient de toucher la Jamaïque. C’est surtout le sud et l’est du pays qui ont été affectés. Il y a déjà beaucoup de dégâts matériels : des toitures emportées, des arbres arrachés, des zones côtières inondées. Cette situation isole de nombreuses communautés, qu’elles vivent sur les côtes ou qu’elles soient en montagne : certaines routes, en effet, sont impraticables en raison de glissements de terrain et de chutes d’arbres.

35 000 personnes pourraient avoir été affectées. Des scénarios plus pessimistes s'attendaient toutefois à 300 000 personnes touchées dont 72 000 enfants.

Des missions de reconnaissance aérienne ont commencé pour identifier les besoins et cibler l’assistance. Mais les autorités et les agences humanitaires n’avaient pas attendu que Dean aborde l’île pour se préparer : « Depuis le passage du cyclone Ivan qui avait affecté 32 000 personnes il y a quatre ans, explique Bertrand Bainvel, représentant de l’Unicef en Jamaïque, nous anticipons de plus en plus tôt : planifier différents scénarios, pré-positionner des secours, sensibiliser régulièrement les scolaires ».

Avant la tempête, le gouvernement avait invité les habitants à se tenir autant que possible à l’écart des zones inondables de basse altitude ou de celles menacées de glissements de terrains. Une cinquantaine de bus avaient ainsi été mis en place. 4 500 personnes ont accepté d’être conduits jusqu’à des centres d’évacuation.

Des moyens de l’Unicef étaient prêts à être envoyés dès que le cyclone aurait frappé. Entre autres : quatre kits de santé d’urgence (chacun comportant des médicaments en quantité suffisante pour des milliers de personnes) et 1 000 réservoirs d’eau pliables. L’Unicef a travaillé avec le gouvernement, les ONG et ses partenaires onusiens pour être prêt à répondre aux besoins en terme d’hygiène, de matériel de couchage, de nourriture, d’accès à l’eau potable, de secours médicaux, et enfin de moyens pour les dégâts affectant les toitures.

Faire face pour la rentrée scolaire

« La rentrée scolaire est prévue pour début septembre, ajoute Bertrand Bainvel. Evaluer les dégâts subis par le système éducatif est l’une de nos priorités. La protection est une autre de nos missions : des structures de soutien psychosocial vont être mises en place au sein des communautés puis au niveau des écoles : les parents et les enseignants doivent pouvoir répondre aux troubles des enfants ».

Pour l’Unicef, il s’agit aussi de s’assurer que les enfants vivant avec le VIH aient toujours accès à leur traitement : « Nous nous sommes assurés il y a quelques jours que le ministère de la santé et les centres de santé disposaient de stocks de médicaments suffisants. Kingston, où vit une grande partie de la population, a été relativement épargnée par le cyclone. C’est surtout pour les communautés isolées que les problèmes vont se poser ».