Enfants en danger à Jaffna

Malgré le cessez-le-feu qui a officiellement cours au Sri Lanka, le conflit entre le mouvement des Tigres tamouls (LTTE) et les forces gouvernementales a conduit à une escalade de la violence dans le district de Jaffna à la pointe nord du pays. Là-bas, les bombardements et les accrochages entre les deux groupes sont fréquents.
Résultat : 60 000 personnes, dont près de la moitié sont des enfants, vivent à présent dans des camps pour personnes déplacées. Ce sont pour l’essentiel des familles de pêcheurs, de fermiers et d’ouvriers agricoles, qui ont perdu dans le conflit leurs moyens de subsistance.
La plupart des travailleurs humanitaires de la région, présents au Sri Lanka pour aider à la reconstruction après le tsunami d’il y a un an et demi, ont quitté le pays en août en raison de la dangerosité des conditions.
Comme l’explique Judith Bruno, qui dirige le bureau de l’Unicef à Jaffna, « Ces derniers jours, nous n’avons qu’une heure d’électricité. Il n’y a pas d’essence à Jaffna. Il n’y a pas de d’activités de construction. Tout est stoppé ».
Des barrages bloquent les routes menant à Jaffna en raison de l’augmentation de la violence, qui a commencé le 11 août : les secours d’urgence ne parviennent pas dans le district par les terres. Selon Judith Bruno, deux cargaisons de secours du gouvernement ont été délivrées par mer, comprenant un total de 5 000 tonnes de nourriture.
Un manque de vivres
« La population a besoin de plus de 10 000 tonnes de vivres pour un mois, signale Judith Bruno. Si le manque de nourriture continue, les enfants et les mères en paieront le prix en terme de santé. Une situation sérieuse se profile ».
Dans l’un des camps pour personnes déplacées, Judith Bruno a rencontré une mère de cinq enfants « qui n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle pourrait leur donner pour le petit déjeuner ». La file d’attente pour le pain commence dans les camps dès cinq heures du matin.
Les enfants sont les plus affectés par le déplacement. Ils souffrent du manque d’eau et de moyens d’assainissement, de la pénurie de nourriture adaptée, de l’absence d’électricité et de conditions qui sont trop dangereuses pour leur permettre d’aller à l’école.
Le traumatisme du conflit en plus de celui laissé par le tsunami
« Il faut se rappeler que l’année dernière ils ont été déplacés à cause du tsunami, signale Judith Bruno. Ils sont de nouveau déplacés à présent, et beaucoup d’entre eux ont perdu des membres de leurs famille dans le conflit. Il faudra du temps pour être capable de gérer le stress entraîné chez eux par ces émotions ».
L’Unicef travaille pour aider ces enfants dans leur bien-être psychosocial, en les encourageant à participer à des jeux, des activités artistiques, du chant.
En collaboration avec le gouvernement du Sri Lanka, l’Unicef et ses partenaires fournissent également de l’aide sur plusieurs autres fronts. Par exemple en fournissant des réservoirs d’eau en plastique, d’une capacité de 1 000 litres chacun, à la trentaine de camps de déplacés de Jaffna. En donnant aussi aux familles des kits d’urgence contenant des nattes pour dormir, des draps, du matériel de cuisine, des tablettes de purification de l’eau.
« L’Unicef appelle toutes les parties impliquées dans le conflit à se conformer au cessez-le-feu, conclut Judith Bruno. Tant qu’elles ne l’auront pas fait, les enfants et leurs familles, à Jaffna et dans les zones du Sri Lanka affectées par le conflit, continueront à devoir se débattre pour s’en sortir ».
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
- Version imprimable

