Interview

Les enfants du Sri Lanka courent un grand danger

Philippe Duamelle, représentant de l’Unicef au Sri Lanka, présente les secours qui sont apportés par l’Unicef aux 200 000 personnes déplacées dans les camps, alors que 50 000 civils sont toujours retenus dans la zone de combats.
Publié le dimanche 10 mai 2009
Modifié le lundi 14 septembre 2009
Les enfants du Sri Lanka courent un grand danger
[IMG] Mere et son enfant
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À

Quelle est la situation actuelle dans la zone de combats ?

50 000 personnes, peut-être plus, sont retenues dans une petite poche de quelques km2 où ont lieu les combats et y courent un très grand danger, à la fois parce qu’elles sont exposées à la violence des combats et parce qu’elles ne peuvent pas recevoir d’assistance. Le conflit fait de nombreuses victimes parmi la population civile Il y a deux semaines, 100 000 personnes ont pu s’enfuir pour rejoindre les camps. C’est là que l’Unicef et ses partenaires peuvent intervenir, mais la pression est très forte : en moins d’un mois, le nombre de personnes dans ces camps a plus que doublé.

Nourrir les enfants, les femmes enceintes, les femmes allaitantes

En quoi consiste l’assistance apportée par l’Unicef dans les camps ?

Nous fournissons de l’eau potable, des endroits pour se laver, des latrines. Nous avons un important programme d’assistance nutritionnelle, qui comprend la mise en place de centres de réhabilitation nutritionnelle où les enfants, les femmes enceintes et les femmes allaitantes reçoivent une assistance adaptée a leurs besoins y compris une prise an charge thérapeutique. Nous intervenons en matière d’éducation, avec la création d’espaces temporaires d’apprentissage pour permettre aux enfants un retour en classe : c’est un moyen de leur offrir de l’instruction mais aussi de leur faire retrouver un peu de normalité. Nous avons aussi des activités de protection de l’enfance : identification des enfants séparés ou non accompagnés et recherche de leurs familles. Il y a un volet spécifique destinés aux enfants soldats, afin de les identifier et de leur proposer un programme de prise en charge particulier, avec transfert éventuel vers un centre de réhabilitation.

Que réclame l’Unicef à ce stade du conflit ?

Premièrement, il faut garantir immédiatement la sécurité des populations civiles prises dans les combats. Il est urgent qu’elles aient la liberté de mouvement pour sortir en toute sécurité de la zone de conflit avant qu’il ne soit trop tard pour elles. Il faut également que des secours humanitaires d’urgence puissent être acheminés vers ces populations. Deuxièmement, il faut que nous ayons les moyens d’offrir aux personnes déplacées qui sont reçues dans les camps des soins de santé, des abris, de l’éducation, une assistance nutritionnelle et un accès à l’eau et à l’assainissement dans les conditions définies par les standards internationaux. Troisièmement, que les conditions nécessaires soient réunies pour que les personnes de ces camps, qui actuellement ne peuvent pas en sortir, puissent rejoindre au plus tôt leurs villages et leurs communautés d’origines.

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