"On ne naît pas violent, on le devient"

Publié le lundi 05 février 2007
Modifié le mercredi 19 août 2009
"On ne naît pas violent, on le devient"
[IMG]Veneman, Beah, Douste-Blazy
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Plus de 250 000 enfants sont associés aux groupes armés ou aux forces armés.

Forts de l’expérience acquise sur le terrain et des avancées obtenues, les représentants de gouvernements et d’organismes internationaux se réunissent lundi 5 et mardi 6 février à Paris à l’initiative du ministre français des affaires étrangères et de l’Unicef.

Dix ans après les Principes du Cap, les participants doivent se quitter mardi avec deux textes : les principes de Paris, guide pratique destiné à la cohérence des actions engagées sur le terrain, et les engagements politiques, que les Etats prendront pour appuyer ces principes.

Philippe Douste-Blazy

Pour le ministre français des affaires étrangères, « la situation n’est pas encourageante pour un enfant qui n’a connu que la guerre, placé dans un cercle vicieux où il est amené à utiliser la kalachnikov plutôt que le cartable d’écolier. Mais je conteste cette fatalité. A ces enfants, il est essentiel de prouver qu’une autre vie est possible ».

Les travaux menés à la conférence doivent porter sur « la libération inconditionnelle des enfants à tout moment : avant, pendant et après le conflit » mais aussi sur la réinsertion : « Sans réinsertion, a ajouté M. Douste-Blazy, tout acte de démobilisation est voué à l’échec ». Le ministre a aussi insisté pour que soit « mieux appréhendée la problématique spécifique des filles ».

Ann Veneman

La directrice générale de l’Unicef a témoigné de ses rencontres auprès de jeunes en Ouganda et de leurs rêves pour s’en sortir : « La capacité de résilience des enfants ne doit jamais être sous-évaluée ». Devant les représentants des Etats, elle a rappelé l’importance de l’implication des gouvernements et en particulier du gouvernement français dans les travaux de l’Unicef pour libérer les enfants de la guerre.

Radhika Coomaraswamy

La représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés a elle aussi insisté sur la capacité des enfants à se relever de l’horreur : « Avec les soins nécessaires, ils peuvent devenir des membres honorables de notre société. Nous avons le devoir de les aider tous ».

Günter Gloser

Le ministre allemand des affaires européennes, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, a assuré les participants de l’engagement de l’UE dans cette initiative : « L’Union européenne soutiendra l’application des Principes de Paris et encouragera les autres pays à en faire de même ».

Kari Tapiola

Le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) a qualifié d’« esclavage » la condition des enfants soldats et a assuré l’implication de son organisation dans les travaux en cours. « La démobilisation des enfants soldats va au-delà du mandat de l’OIT. Mais l’OIT est concentrée sur la prévention du recrutement et la réinsertion socio-économique de ces personnes ».

Ishmael Beah

Ancien enfant soldat en Sierra Leone, il a tenu à élargir la définition des enfants soldats afin que soient pris en compte ceux qui sont utilisés à d’autres tâches que de porter les armes et que soient également considérées les filles victimes de violences sexuelles.

Il a insisté aussi sur la nécessité d’un suivi dans la durée, rappelant que le processus était long : « Ce n’est pas forcément une question d’argent, il s’agit seulement de savoir que quelqu’un se soucie de vous ».

Enfin, pour montrer la responsabilité de l’environnement sur le comportement de l’enfant, Ishmael Beah a exprimé : « On ne naît pas violent, on le devient. C’est si facile pour un enfant de devenir soldat, si difficile ensuite de lui faire récupérer l’humanité qu’il a perdue. Mais c’est possible ».

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