Sri Lanka : la population fuit les bombardements

Publié le jeudi 12 octobre 2006
Modifié le mercredi 19 août 2009
Sri Lanka : la population fuit les bombardements
[IMG] Enfants sri lankais
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Près du littoral, le long des rangées de tentes, un groupe d'enfants et de femmes se réunit autour d'un puits en béton pour laver des vêtements et pour se rafraîchir - un soulagement dans ce climat de terrible chaleur.

Ils font partie des 45 000 personnes qui ont fui au sud, le long de la côte est du Sri Lanka, avant de se rassembler ici à Vaharai, une cinquantaine de kilomètres au nord de la ville de Batticaloa. Toutes ces personnes ont abandonné leurs maisons, n’emportant parfois rien d’autre que les vêtements qu’elles portaient. Les combats s’intensifiaient entre les Tamouls du LTTE et les forces gouvernementales.

Sivanayaham Vasanthy, 23 ans, a un bandage au bras gauche : « Je ramassais de l'herbe quand un obus a éclaté. Je me suis écroulée et mes parents m'ont conduit à l'hôpital. Nous avons dû partir et venir à Vaharai, alors j'ai été soignée ici ».

Soins médicaux

Ce matin, de longues files d'attente patientent devant l'hôpital régional de Vaharai. Parmi la foule à l'entrée, on rencontre des mères avec des bébés, des hommes tenant des cartes d'enregistrement, une jeune fille avec une main bandée et une femme frêle et âgée qui ne parvient à marcher qu’avec l'aide de sa fille.

Chacun a entendu qu'un groupe de 30 médecins et infirmières du ministère de la santé était ici pour la journée. Jusqu'à présent, le Dr Varatharajah, qui a dû lui-même fuir un bombardement, était le seul médecin de l'hôpital. Habillé avec soin, il se glisse parmi les patients, un stéthoscope autour du cou, distribuant des cartes d'enregistrement de santé et dirigeant les gens vers la bonne file d'attente.

« Quand je suis venu ici, j'ai entendu que sept personnes avaient été blessées par des obus et étaient dans l'hôpital de Vaharai, dit-il. Aucun organisme de secours n'était ici à ce moment-là, alors j'ai décidé de rester et d'aider à soigner les gens ».

Le Dr Varatharajah a vu plus de 100 patients par jour, 40% d'entre eux souffrant de la diarrhée ou de la dysenterie.

Secours et approvisionnement

En lien avec les autorités, l'Unicef et d’autres agences de l’ONU apportent secours et approvisionnement. Le convoi d'aujourd'hui, par exemple, comporte des jerrycans, des réservoirs d'eau et des moustiquaires. Alors qu’on trouve facilement de l'eau pour se laver, l'eau potable est difficile à obtenir et doit être apportée par camions. Du matériel scolaire, des kits récréatifs et des médicaments de base ont été également fournis.

Autour des tentes, les mouches se multiplient et viennent se mettre sur les visages et les mains des enfants, les menaçant de maladies infectieuses.

Bien que quelques enfants puissent assister aux cours des classes temporaires à Vaharai, ils ont peu d’occupations le plus clair du temps. La recrudescence récente du conflit préoccupe tout le monde.

Anuwarna Varnakulasingham, 10 ans, a des souvenirs précis de ce qui lui est arrivée : « Nous avons dû fuir pendant la nuit à cause des bombardements, raconte-t-elle. Nous sommes venus ici à travers la jungle et nous nous sommes cachés dans des galeries sous la route ».

Sivaranjan Kanapathipillai, 11 ans, ajoute « Nous avons perdu les chèvres et les vaches de notre troupeau, et nous avons perdu tout ce qu’il y avait dans la maison ».

Ce que les familles déplacées attendent avec le plus d’impatience est de pouvoir retourner chez elles. Mais pour le moment elles restent ici, craignant que la sécurité ne soit pas revenue là où elles habitent.

  • Lire aussi, ci-contre, rubrique Les 5 dernières infos "Enfants en danger à Jaffna".

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