Sri Lanka : secourir la population de Jaffna

Publié le jeudi 02 novembre 2006
Modifié le mercredi 19 août 2009
Sri Lanka : secourir la population de Jaffna
[IMG] Visage d\'un enfant srilankais
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Depuis des décennies, la péninsule de Jaffna, au Sri Lanka, est déchirée par les conflits. Actuellement, sa population, qui s'élève à 600 000 personnes, souffre des effets de la récente reprise des combats entre le LTTE tamoul et les forces gouvernementales.

Une journée habituelle : hormis le bruit, au loin, d'un bombardement occasionnel, les rues de la ville de Jaffna sont tranquilles. A cause de la pénurie de carburants, peu de véhicules à moteur circulent sur les routes et, en raison des problèmes de sécurité, peu d'entreprises fonctionnent. Beaucoup de personnes sont sans travail et, à Jaffna, les transports sont limités aux voies aériennes et maritimes.

Dans la ville, il y a des queues à l'extérieur des magasins de produits alimentaires. Bien que le gouvernement continue à acheminer des vivres par bateau et ait mis en place un système de rationnement, tout le monde ou presque parle des pénuries de farine, de riz, de sucre et de lentilles. Au marché noir, le sucre et le carburant coûtent maintenant environ quatre fois leur prix normal.

Plus de 50 000 déplacés sur l'ensemble de la péninsule de Jaffna

L'ensemble de la péninsule compte plus de 50 000 personnes déplacées. La majorité a trouvé un abri dans les maisons de parents ou d'amis, souvent surpeuplées. D'autres sont regroupées dans des centres d'accueil provisoires.

Dans Jaffna, plus de 1300 personnes vivent dans les bâtiments scolaires dans l'enceinte de l'église de Notre-Dame du Refuge. A même le sol, les familles ont regroupé le peu qu’elles possèdent : des vêtements, des matelas, des couvertures, des casseroles.

Elles se sont enfuies de deux villages, Allaipiddy et Mandaithevu, situés sur des îles à l'ouest de Jaffna. Les habitants d'Allaipiddy ont dû prendre deux fois cette année le chemin de l'exode, d'abord en mai lorsque 13 civils ont été tués, puis encore en août quand des combats ont éclaté dans le secteur.

« Un obus a explosé sur notre village et j'ai été blessée à la jambe, raconte Jeyapiria Jeyaratnam, 10 ans. J'ai vu beaucoup d'affrontements. J'entends des bruits dans la nuit et j'ai très peur. J'ai l'impression qu'un obus va tomber ici et j’ai peur chaque fois que j'entends parler de combats à la radio ».

Sa mère, Mary Angaleena, explique que la famille a décidé de dormir dans l'église quand les bombardements ont commencé. Elle a été également blessée et la famille a été évacuée dans une ambulance. « Nous avons tout perdu, même nos vêtements » dit-elle.

Jeyapira passe aujourd'hui son temps avec les autres enfants à Notre-Dame du Refuge. Elle aide aussi à aller chercher de l'eau quand sa mère fait la cuisine. Elle est en classe de CM1. Elle a manqué ses examens à cause du conflit.

Des enfants comme Jeyapira sont en train de s'inscrire à l'école et espèrent commencer les cours bientôt. L'Unicef collabore avec le gouvernement et d'autres partenaires pour soutenir les familles vivant à l'église et dans d'autres centres de la région en créant des espaces où les enfants peuvent jouer et recevoir des cours de manière informelle.

Des moyens d'eau et d'assainissement pour les centres d'accueil

Le prêtre de la paroisse de Notre-Dame du Refuge craint que les mauvaises conditions sanitaires n'entraînent la propagation de maladies : il est en train d'essayer de trouver un autre endroit pour les personnes qui restent ici. Pendant ce temps, l'Unicef et ses partenaires ont pourvu les centres d'accueil de Jaffna en réservoirs d'eau, en toilettes, en salles de bains communes et en puits.

Au nord-est de la ville de Jaffna, dans la région de Karaveddy, il y a environ 7 000 personnes déplacées, les deux tiers d'entre elles vivant avec des familles d'accueil. Elles ont fui les combats sur le front situé à l'est de la région. Dans un petit village, quatre familles comptant onze enfants vivent ensemble dans une maison composée seulement d'un rez-de-chaussée : « L'alimentation est le problème principal, observe le propriétaire de la maison. Il n'y a pas assez de farine et de riz, mais tout le monde restera ici tant que le problème ne sera pas résolu ». Pour des raisons de sécurité, les familles craignent de retourner dans leur village.

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