1ère « Journée des filles » : mettre fin au mariage précoce

Publié le 11 octobre 2012 | Modifié le 04 janvier 2016

Pour la première édition de la Journée Internationale des Filles, le 11 octobre 2012, l’UNICEF et ses partenaires se penchent sur la thématique du mariage des enfants, une violation fondamentale des droits humains dont sont victimes des dizaines de millions de filles et qui impacte tous les aspects de leur vie – enfance écourtée, éducation interrompue, risques de violence et d’abus, avenir entravé, santé en danger…

En Zambie, Gladys, 12 ans, a été abandonnée par le père de son enfant.

En Inde, Urmilla, mariée à 13 ans, a fait une fausse couche après avoir été battue par son mari.

En Afghanistan, Naheed, maman de son premier à 15 ans, a perdu les trois autres en couches.

En Inde, le mariage arrangé de Babalu, 15 ans, avec un homme de 45 ans, a été annulé… Et elle est retournée à l’école.
 

Toutes ces histoires sont des histoires vraies, toutes ces filles se sont retrouvées épouses et mères à un âge où le fait de « jouer à la maman » avec ses poupées n’est encore pas si lointain…
 

Parce qu’il est impératif de mettre les droits des filles au cœur du développement, l’ONU a officiellement reconnu le 11 octobre comme « Journée internationale des filles ». Pour cette année 2012, sous le titre « Ma vie, mon droit, en finir avec le mariage précoce », une série d’événements et d’actions ont lieu à travers le monde pour attirer l’attention sur ce problème critique. Parmi eux, des tables ronde au siège de l’ONU réuniront différents acteurs afin d’examiner les moyens que les gouvernements, la société civile, les agences des Nations Unies et le secteur privé peuvent mobiliser pour accélérer le déclin du mariage des enfants.

Un combat de toujours de l’UNICEF

L’UNICEF, directement concerné par la problématique en tant qu’organisation des Nations Unies chargée de la protection de l’enfance, a notamment mené en 2011 des actions dans 34 pays, reposant sur des réformes légales et des changements économiques et sociaux.
 

En Inde par exemple (l’un des pays du monde ayant le plus important taux de filles mariées avant leur 18e anniversaire), l’UNICEF a notamment soutenu, au niveau institutionnel, l’adoption de la loi sur l’interdiction du mariage des enfants de 2006, et, à l’échelle des communautés, la création de clubs de filles et de collectifs formés aux droits des enfants, visant à stimuler le dialogue pour mettre fin au mariage précoce. Dans ce pays, le mariage précoce est passé de 54% en 1993 à 43% en 2008. Les progrès sont là, mais le changement prend du temps…

Des expériences dans des contextes aussi variés que le Bangladesh, le Burkina Faso, Djibouti, l’Ethiopie, l’Inde, le Niger, le Sénégal et la Somalie montrent qu’en combinant mesures légales, propositions d’alternatives viables et espaces de dialogue qui permettent aux communautés d’arriver à une décision collective de mettre fin au mariage précoce, on obtient des résultats positifs.

L’éducation au cœur de la solution

Les filles mariées très jeunes sont souvent enlevées à leur famille proche , isolées du reste de la communauté… et retirées de l’école. Celles ayant les plus faibles niveaux de scolarisation sont les plus susceptibles d'être mariées à un âge précoce.

L’éducation est l’une des stratégies les plus efficaces pour protéger les enfants du mariage. Lorsque les filles peuvent rester à l’école, un changement d’attitude peut se produire en leur faveur au sein de la communauté. Réciproquement, les filles ayant une formation secondaire ont jusqu'à six moins fois de chance de se marier à un âge précoce.

A travers un engagement mondial, la mobilisation de la société civile, une législation et des initiatives individuelles, les filles pourront s’épanouir dans un environnement protecteur. Nous devons accélérer les progrès et mobiliser des ressources pour que les filles puissent revendiquer leurs droits et réaliser tout leur potentiel.

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