8 ans de prison pour Omar Khadr, ex-enfant soldat

Publié le 14 janvier 2011 | Modifié le 04 janvier 2016

Accusé d’avoir tué un soldat américain en Afghanistan alors qu’il n’avait que 15 ans, Omar Khadr a été condamné le 31 octobre 2010 à 40 ans de prison, réduits à 8 ans pour avoir accepté de plaider coupable. L’Unicef rappelle qu’un enfant soldat est d’abord une victime et doit être protégé.

 

 

En 2002, le jeune Omar Khadr, citoyen canadien d’origine Pakistanaise, a été arrêté en Afghanistan lors d’un assaut des forces américaines. Accusé d’avoir tué un soldat américain lors de cette attaque, Omar a d’abord été détenu sur la base afghane de Bamian, puis transféré à Guantanamo. Détenu là-bas depuis, dans l’attente de son procès, il n’a cessé de plaider son innocence. Huit ans après, le verdict est tombé le 31 octobre 2010 : 40 années de prison. A moins que l’ex-enfant-soldat n’accepte de plaider coupable aux cinq chefs d’accusation (crimes de guerre, meurtre du soldat américain Christopher Speer, complot, soutien matériel au terrorisme et espionnage), ce qu’il a fait, pour voir réduire sa peine à 8 ans de prison.

 

Un dangereux précédent

 

Au-delà de son issue, le procès d’Omar Khadr par une commission militaire, pour des faits commis alors qu’il était « enfant-soldat », est une source d’inquiétude. Les ex-enfants soldats ont besoin d’aide pour être réhabilités et réintégrés dans leurs communautés, pas de condamnation ou de poursuites. Le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés est un crime de guerre, et ceux qui sont responsables – les adultes recruteurs, pas les enfants qui en sont victimes – doivent être poursuivis.

Comme l’Unicef l’a énoncé dans de précédentes déclarations, ce procès militaire établit un dangereux précédant pour les autres enfants qui sont victimes de recrutement dans les conflits armés.