87,8 millions de dollars nécessaires pour contrer la malnutrition au Malawi

Publié le 13 septembre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Afin de répondre aux besoins urgents et anticiper une aggravation de la crise actuelle, les Nations unies lancent un appel d’urgence de 87,5 millions de dollars. La part de l’UNICEF s’élève à 2,5 millions de dollars.

Une catastrophe silencieuse

Le Malawi est un des 12 pays les plus pauvres au monde. Enclavé entre la Zambie, la Tanzanie et le Mozambique, le Malawi est un pays peu étendu mais parmi les plus densément peuplés d’Afrique. 85% de la population pratique l’agriculture de subsistance. Or, les ressources agricoles du pays sont limitées. Depuis deux ans, les aléas climatiques, la sécheresse et les inondations ont détruit les récoltes de maïs, aliment de base de la population. Cette année, la production de maïs a chuté de 29% par rapport à la faible production de l’an dernier. 270 000 tonnes de maïs sont nécessaires d’ici mars 2006. 65% de la population du Malawi vit en-dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour. D’après les estimations de l’UNICEF, le nombre personnes qui souffrent de la faim pourrait s’accroître encore cette année pour atteindre 1,8 million, ce qui représente 14% de la population. Plus de 45% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique et presque 22% d’entre eux ont un poids insuffisant. Près de 2500 enfants de moins de cinq ans doivent être traités chaque mois dans des centres nutritionnels. La malnutrition aggrave le risque d'attraper des maladies infectieuses et augmente le nombre de décès quand elle s'ajoute à des maladies comme le choléra, surtout au sein de la population la plus vulnérable. L’épidémie de choléra de 2002 avait touché 33 500 personnes et provoqué la mort de 958 d’entre elles. L’appel des Nations unies vise, entre autres, à prévenir une épidémie similaire durant la prochaine saison des pluies (novembre 2005-avril 2006). La crise rend en outre les gens plus vulnérables au VIH/SIDA dont la prévalence est extrêmement élevée au Malawi. Environ 16,4 % des personnes âgées de 15 à 49 ans sont séropositives et le virus est responsable d'environ 70 % des décès en hôpitaux. Cette épidémie a rendu orphelins 400 000 enfants de moins de 15 ans. Beaucoup ont été pris en charge par des parents qui connaissent eux-mêmes des difficultés économiques. Les ménages ayant un enfant à leur tête sont en augmentation. Le VIH/SIDA s'ajoute à la crise alimentaire pour former un cercle vicieux : une malnutrition croissante affaiblit la résistance des séropositifs aux infections opportunistes et réduit donc la main d’œuvre disponible pour les travaux agricoles ou autres. L'ONU a organisé une série de missions au Malawi en avril et début mai, suivies par des missions d'évaluation sur le terrain par ses diverses agences : l'UNICEF a évalué le statut nutritionnel, l'eau et l'assainissement, l'éducation et la protection, l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont évalué les récoltes et les réserves alimentaires. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) couvrait le secteur de la santé. La crise humanitaire actuelle au Malawi est complexe et exige une approche intégrée : il faut résoudre le problème de la sécurité alimentaire tout en s'attaquant aux facteurs qui aggravent la vulnérabilité de la population, en particulier celle des femmes et des enfants.

Fournir une aide immédiate et prévenir l’aggravation de la crise

2 millions de personnes réparties dans les sept des districts les plus exposés à la malnutrition ont besoin d’une aide d’urgence. Pour répondre à la malnutrition, l’UNICEF entend poursuivre son soutien aux programmes nutritionnels ciblés pour les moins de cinq ans et pour les mères qui allaitent et apporter un appui aux centres nutritionnels existants. L’UNICEF envoie en outre aux centres de traitement du choléra des médicaments et autres fournitures de première nécessité. Un important programme de planification contre le choléra est en cours d'élaboration en coopération avec l'OMS afin de réagir à de futures épidémies. Il comprendra des capacités de surveillance et de réaction. Une formation sera offerte aux agents de santé pour la détection précoce et la conduite du traitement. Dans la mesure où la crise alimentaire est en partie due à la sécheresse prolongée et au manque de semences et d’engrais, il faut garantir aux agriculteurs, pour la prochaine saison de plantation, un nombre suffisant d’intrants agricoles. Plantées à temps, les graines permettront d’augmenter la production agricole même si le pays connaît une nouvelle sécheresse en 2006. Les Nations unies préconisent la distribution gratuite de 50 kilos de fertilisants et de 5 kilos de graines à chaque petit agriculteur afin de restaurer les capacités agricoles en renforçant la productivité des petites structures. En raison des difficultés d’acheminement de l’aide (infrastructures routières déficientes et transports insuffisants), l’aide alimentaire doit être prépositionnée avant l’arrivée des pluies de novembre. Un soutien accru et rapide de la communauté internationale permettrait de l’acheminer dans les plus brefs délais.

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