Aden ou le combat d'un enfant pour sa survie

Publié le 26 septembre 2011 | Modifié le 31 mars 2016

Il y a deux mois, Aden, 3 ans, est arrivé de Somalie avec sa famille dans l’un des camps de Dadaab, au Kenya. Son père, Abdil Mohammed, était plus qu’inquiet. Comme de nombreux enfants du camp, où l'Unicef est présent, le petit garçon était au bord de la mort à son arrivée. Souffrant de malnutrition, déshydraté et atteint d'infections respiratoires, les médecins l’ont immédiatement pris en charge, sans savoir s’il survivrait. Aujourd’hui, Aden va beaucoup mieux, pour le plus grand bonheur de son père.

 

 

L'odyssée d'Aden jusqu'à Dadaab a été pénible. Accompagné de ses parents et de ses frères et sœurs, il a marché depuis la Somalie pendant 25 jours, malgré la chaleur et la fatigue. Durant ce long périple, sa mère est morte, trop affaiblie par la faim et la maladie.  « Il était émacié, déshydraté et souffrait vomissements, de diarrhée et de toux », se souvient Timothy Wachira, spécialiste nutrition pour l’Unicef. C’est lui qui a admis Aden au centre de stabilisation, géré par le Comité international de secours (IRC).

Un père au chevet de son enfant

Malgré l’incertitude du pronostic, le père d'Aden, Abdile Mohammed, est resté jour et nuit auprès de son fils. Pendant 4 semaines, il n’a pas quitté le centre de stabilisation. Jour après jour, l’équipe médicale donnait à l’enfant des antibiotiques, du lait thérapeutique et de la nourriture ; la plus grande partie provenant des approvisionnements fournis par l'Unicef. Des souvenirs plus que douloureux pour Abdile Mohammed. « C'était très difficile », dit-il. « J'étais seul jour et nuit. Je n'avais même pas de vêtements pour le couvrir ».

Comme celui d’Aden, le périple d'innombrables enfants somaliens est long et dangereux. Le sud et le centre de la Somalie sont ravagés par la sécheresse, l'insécurité et la malnutrition. Ils sont nombreux à parvenir jusqu’aux camps de réfugiés de Dadaad, à un stade avancé de malnutrition. L'Unicef et ses partenaires estiment qu'environ 16 000 enfants se trouvant dans les camps ont besoin d'une aide nutritionnelle.

Après un mois de traitement, Aden a pu quitter le centre de traitement. Sa famille s’est installée au milieu des tentes et des abris qui hébergent des milliers d’autres réfugiés somaliensLa vie reste rude pour Abdile Mohammed, mais il est heureux qu’Aden ait la vie sauve. Entre le moment où Aden a été pris en charge au centre et aujourd’hui, la différence est énorme. Les photos d'Aden prises lors de ses premiers jours au centre montrent un garçonnet très fragile et très fatigué. Il a à présent retrouvé le sourire, réappris à courir et jouer avec les autres enfants.

En savoir plus :

Au cours du dernier mois, face à l’afflux continuel de personnes réfugiées, l'Unicef a fourni des aliments spécialisés à plus de 5000 enfants comme Aden dans les centres de stabilisation de Dadaab.

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