Agir d'urgence pour les enfants les plus vulnérables des villes

Publié le 28 février 2012 | Modifié le 22 décembre 2015

D’ici quelques années, plus de la moitié des enfants dans le monde grandiront dans des villes. Ils sont déjà plus d'un milliard à habiter dans des zones urbaines. Synonymes d'emploi, de développement, de croissance économique, d’accès à l'éducation, aux soins, aux loisirs, les villes sont aussi le lieu de disparités criantes. Comme le montre le rapport 2012 de l’Unicef - la Situation des enfants dans le monde - beaucoup d'enfants n'ont pas accès aux services de base : l'eau potable, l'électricité, les soins et l'éducation et peuvent être exposés à l'exploitation et aux abus, à l'expulsion et à la violence. Extraits de témoignages d’acteurs de terrain en Roumanie et en Inde.

 

 

En Roumanie, des taux de scolarisation plus bas chez les enfants roms

 

« Quelle est la vie d’un enfant dans un ghetto de Bucarest ? », interpelle Eugen Crai, Directeur du Fonds pour l’éducation des Roms en Roumanie. « Prenons Laurentiu, 16 ans, qui vit dans le district de Ferentari, connu pour son importante population rom, ses bâtiments délabrés, sa pauvreté et ses nombreux enfants non scolarisés. À la mort de son père, sa mère l’a abandonné et il a été placé dans une institution publique. Il vit à présent avec sa grand-mère, âgée de 70 ans, et ses cinq frères, dans un appartement qui n’est plus raccordé à l’eau ni au gaz parce que la famille n’arrivait plus à payer les factures. Grandir dans un espace humide, sans gaz pour cuire les aliments ni eau pour se laver, à quelques mètres des élégants boulevards commerçants de Bucarest, telle est la réalité brutale et contrastée de ces deux mondes côte à côte.

La pauvreté urbaine est particulièrement pénible pour les enfants, qui n’ont pratiquement pas de contrôle sur leur environnement et leur niveau de richesse. Beaucoup d’entre eux ne peuvent aller à l’école et ceux qui y vont rencontrent des difficultés, faute d’un soutien suffisant. Les enfants roms de Roumanie affichent des taux de scolarisation beaucoup plus bas à tous les niveaux d’enseignement, et nombre d’entre eux sont placés dans des unités d’enseignement spécialisées de façon injustifiée. En 2005, seuls 46%  des Roms âgés de 12 ns et plus avaient été scolarisés pendent plus de quatre ans (contre 83 % pour l’ensemble de la population) et parmi eux, seuls 13 % avaient bénéficié d’un enseignement secondaire (contre 63% pour l’ensemble de la population). »

 

Grandir dans un bidonville : la crainte de l’expulsion

 

« La sécurité des droits fonciers est une priorité absolue. Les enfants ont besoin d’un endroit pour vivre, d’espaces pour jouer et de quartiers dans lesquels ils se sentent en sécurité », expliquent les responsables de SDI, une ONG locale qui travaille dans les bidonvilles en Inde. « Ils ont besoin d’eau salubre et de toilettes qui n’obligent pas les petits de deux ans à faire la queue et n’exposent pas les adolescentes au harcèlement. Ces nécessités sont plus facilement remplies lorsque la sécurité des droits fonciers est garantie. En outre, les enfants sont libérés du stress qui accompagne la menace constante d’être expulsés de force ou de voir leur maison démolie.

Lorsque l’occupation de leur logement n’est pas sûre, les femmes et les enfants doivent travailler à proximité afin de pouvoir réagir rapidement en cas d’expulsion. Les enfants jouent le rôle de « messagers », avertissant leurs parents et voisins lorsqu’une équipe de démolition est en vue. Vivre dans la crainte permanente de l’expulsion affaiblit toutes les ressources d’une famille. À l’inverse, lorsque la sécurité des droits fonciers est finalement négociée, les enfants commencent à aller à l’école et leurs parents hésitent moins à investir dans un logement correct. »

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