Alexandre, 17 ans : « On peut faire bouger les choses ! »

Publié le 26 octobre 2010 | Modifié le 19 décembre 2016

Entre ses cours de Terminale ES, la musique et les amis, Alexandre Piegay a décidé de donner de son temps pour les enfants du monde, en devenant Jeune Ambassadeur de l’Unicef. Pour sensibiliser autour de lui… Et parce que les jeunes aussi on le droit de s’exprimer et de participer !

 

Des photos d’enfants malnutris, des images qui marquent : c’est à la fin de son année de seconde, lors de l’intervention d’un bénévole de l’Unicef dans son lycée, qu’Alexandre a eu le déclic. L’humanitaire, il y avait déjà pensé, mais pas facile, à 15 ans, de s’engager… Pendant les grandes vacances, il se jette à l’eau : il rédige une lettre de motivation pour devenir Jeune Ambassadeur de l’Unicef. « Quelques semaines après, j’ai reçu une réponse positive, j’étais super content ! »

 

« Les jeunes sont intéressés »

 

Alexandre était le tout premier élève de son lycée à s’engager auprès de l’Unicef. « Au début, je ne savais pas trop comment amorcer le processus… Et puis je me suis lancé : j’ai collé quelques affiches dans mon établissement, et je suis passé dans les classes. J’ai présenté les actions de l’Unicef en projetant de petites vidéos, sur le coup on stresse un peu, ce n’est pas évident de s’exprimer en public comme ça ! Mais je sentais mes camarades intéressés, touchés même, alors ça m’a donné confiance. Il y a même une élève qui m’a rejoint en tant qu’Ambassadrice. »

Ses amis, ses camarades le voient-il autrement maintenant ? « Dans les couloirs, ça ne change pas grand-chose ! Mais c’est vrai que j’essaie de les sensibiliser, par une phrase lancée l’air de rien, qui ouvre sur une nouvelle conversation… Il y a dans le monde, des enfants, des adolescents bien moins chanceux que nous, et s’ils y pensent un peu plus souvent, ce sera déjà ça… »

 

« On prépare une flash-mob ! »

 

Comme dans tout ce qu’il fait, Alexandre s’est donné à fond dans sa nouvelle mission : il se rend tous les mercredis aux réunions du Comité Unicef de Lyon, où avec sept autres Jeunes Ambassadeurs et des bénévoles, ils mettent en place des projets. « On a conçu des affiches pour sensibiliser les gens à ce qui se passe au Pakistan et en Haïti, et en ce moment, on prépare une flash-mob pour faire connaître les actions de l’Unicef ! Lors de ces réunions, c’est nous qui avons la parole, notre avis, nos idées sont vraiment pris en compte. »

C’est le crédo d’Alexandre : montrer que les jeunes aussi ont le droit de participer aux questions qui les concernent. S’ils n’osent pas faire entendre leur voix, selon lui, c’est parce qu’ils sont « enfermés dans une coquille ». « On est pris dans notre quotidien, préoccupés par le fait d’avoir le dernier téléphone à la mode… Il y a la petite communauté du lycée, et au delà, on ne voit pas grand-chose. Et comme on n’ose pas participer à la vie de la société, les adultes pensent pour nous… Et du coup on n’ose encore moins se faire entendre… C’est un cercle vicieux. »

 

Agir ensemble

 

Le moment le plus fort depuis qu’il est « JA », Alexandre l’a vécu à la Rencontre nationale à Paris, en février 2009. Rencontrer de nouvelles personnes, d’autres jeunes comme lui qui veulent « tenter des choses », qui ont les mêmes motivations et ressentent les mêmes élans devant la souffrance de beaucoup de personnes dans le monde. « On se dit chouette, on n’est pas seul, il n’y a pas de raison d’abandonner ! C’est un esprit de solidarité et d’amitié qui permet de traiter de sujets graves dans la bonne humeur et sans se sentir impuissant »

Cette année, objectif BAC économique et social… Il a laissé de côté son groupe de musique, mais pas les JA. Et l’année prochaine alors ? Il envisage une classe préparatoire aux grandes écoles et ne pourra plus être Jeune Ambassadeur, statut réservé aux lycéens… « Mais ce n’est pas pour autant que je laisserai tomber l’Unicef. Je continuerai à en parler autour de moi et à m’investir… En tant que bénévole ! »

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