Anaïs et Fabienne : un prix pour de l’orthophonie-solidaire !

Publié le 25 avril 2013 | Modifié le 31 mars 2016

Elles ont 24 et 32 ans, et ont gagné le Prix UNICEF pour l’enfance (soutenu par Unilever) lors des « Trophées solidaires » qui récompensent des projets associatifs étudiants. Leur asso, Ortho’Go, mène en effet des actions auprès des familles démunies, en France (Lille) et au Bénin, afin de prévenir les handicaps sociaux liés au langage, et promouvoir l’orthophonie en Afrique.

« Quand le nom de notre projet s’est affiché à l’écran, j’étais… impressionnée et fière à la fois ! raconte Anaïs avec émotion. En recevant le prix, j’avais le cœur qui battait… Je n’avais aucune idée de la manière dont était perçu notre projet, et là je me suis dit ''OK, on est prises au sérieux'' !’ »
 
C’est parmi 120 projets en provenance de 86 écoles et universités différentes que celui d’Anaïs et Fabienne a été choisi pour le « Prix UNICEF pour l’enfance », attribué en partenariat avec Unilever. Toutes deux en troisième année d’orthophonie à l’Institut Gabriel Decroix de Lille, elles ont choisi de donner à leurs études une tonalité de solidarité en s’impliquant dans l’association déjà existante « Ortho’Go ».
 

Auprès de familles en difficulté à Lille…

 
« En janvier 2011, nous avons débuté le projet « Tu contes pour moi » à Lille : toutes les semaines nous allions faire des ateliers de lectures d’histoires et de contes dans un centre d’accueil de mères en difficulté, explique Fabienne. L’idée : prévenir le handicap social qui peut être engendré, chez les enfants de ces familles fragilisées, par l’illettrisme et le manque de stimulation langagière et communicationnelle. » Face au succès que rencontre ce projet de solidarité, l’association est sollicitée par une autre structure qui propose de l’accompagnement éducatif à domicile cette fois. « On a donc lancé « Livre et vous », poursuit Anaïs. Ce projet-là propose des ateliers hebdomadaires d’éveil et de jeux pour les parents ayant des enfants de 0 à 3 ans. Grâce à des comptines, des marionnettes, etc., on montre aux familles comment favoriser la communication et le langage avec des choses simples, on leur donne des repères sur le développement de l’enfant, on les rassure… »
 
Mais pour les deux étudiantes d’Ortho-Go, cet engagement solidaire ne s’arrête pas aux frontières. Un volet international vient compléter les deux projets français, et c’est en préparant ce projet-là qu’elles ont décidé de participer au concours des « Trophées solidaires ».
 

… et auprès d’enfants du Bénin !

 
« L’asso de notre école existe depuis 10 ans et a déjà mené des actions en Afrique, et notamment au Bénin depuis 2006, explique Fabienne. Nous avons voulu, cette année encore, prolonger ce volet international, et nous partons, Anaïs et moi, 2 mois à Cotonou cet été. Là-bas, il n’existe qu’un seul cabinet libéral d’orthophonie pour tout le pays, une seule école pour toute l’Afrique de l’Ouest ! Pour autant, il y a quand-même des enfants qui souffrent de handicaps mentaux, moteurs, de surdité, d’autisme ou autres, et qui ont besoin de soins d’orthophonie… Sur place, nous allons donc intervenir auprès de ces enfants, apporter un soutien technique aux professionnels de santé, échanger ensemble sur nos pratiques, et favoriser la pérennisation de nos actions après notre départ. »
 
Et Anaïs de renchérir : « Les 1000€ gagnés grâce au Prix UNICEF-Unilever vont nous permettre notamment d’acheter et créer du matériel adapté aux besoins des enfants béninois, comme des jeux pour travailler le souffle, des albums d’images, etc. Vous imaginez bien que nos « Martine à la ferme » ne parlent pas vraiment aux petits africains ! » ajoute-t-elle dans un sourire.
 

« Un coup de pouce… et une légitimité »

 
En plus des 1000€, Ortho’go va également bénéficier de l’aide d’Unilever, qui va mettre son agence de communication au service de l’association, afin de les accompagner dans la valorisation de leurs actions. Un coup de pouce non négligeable dans la jungle du monde associatif… « De nombreuses assos proposent de nombreux projets : pas facile de se faire connaître, et surtout d’être pris au sérieux ! explique Fabienne. Ce Prix UNICEF pour l’enfance, au-delà du beau soutien « pratique », donne également une réelle légitimité à nos projets. Et ça ce n’est pas rien… »
 
Le mot de la fin, Anaïs l’adresse à tous les étudiants : « Ces projets solidaires en parallèle de nos études nous prennent du temps et de l’énergie, c’est sûr… Mais ils sont enrichissants à tellement de niveaux ! Ne vous laissez pas intimider, lancez-vous ! Et pensez aux concours type Trophées solidaires qui donnent un sacré coup de pouce… »
 

En savoir plus

Que sont les Trophées Solidaires ?

 
L’association Demain nos enfants a fédéré autour des Trophées solidaires des acteurs de l’éducation, de la solidarité, ainsi que des associations/ONG, dont l’UNICEF.
 
L’objectif : créer une dynamique et favoriser l'engagement des étudiants dans des projets solidaires, et permettre une valorisation de ceux ci dans leur parcours professionnel. Un « concours amical » récompense les meilleurs projets, notamment avec le Prix UNICEF pour l’enfance.

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