Angola : des progrès rapides sont possibles

Publié le 09 février 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Koen Vanormelingen, représentant de l’Unicef en Angola, présente ses espoirs pour un pays où les taux de mortalité maternelle et infantile sont parmi les pires du monde.

Dans quel contexte politique se trouve l’Angola aujourd’hui ?
Le conflit a pris fin en 2002. Il a duré vingt-sept ans. Les enfants d’alors ont été privés d’école, ce qui pose aujourd’hui un lourd problème de ressources humaines. En plus, c’est un pays dans lequel le taux de mortalité maternelle (1400 décès pour 100 000 naissances) et le taux de mortalité des moins de cinq ans (198 pour 1000) sont parmi les plus élevés au monde. Conséquence : l’espérance de vie tombe à 46 ans. Et pourtant, les transformations sont rapides. La croissance du PIB est de plus de 7% par an depuis 2004. L’Unicef a obtenu que la nouvelle constitution comporte un article sur les droits de l’enfant et qu’un Plan national pour l’enfant (avec onze promesses) soit adopté et financé par le gouvernement.

Empêcher la prostitution des enfants pendant la Coupe d'Afrique de football

Comment est-ce que l’Unicef travaille en Angola ?
Nous sommes la plus importante agence des Nations unies présente sur place. Nous fournissons un appui dans tous les domaines qui relèvent des droits de l’enfant, toujours en partenariat étroit avec le gouvernement et les acteurs de la société civile (il ne s’agit pas de parachuter des services qui ne seraient pas relayés par les pouvoirs publics ni suivis de pratiques communautaires). Pour favoriser le respect des droits de l’enfant, j’ai cité l’exemple de la constitution, mais l’Unicef a aussi profité de la Coupe d’Afrique de football en Angola pour soutenir le gouvernement dans la mise en place d’un code éthique passé avec les hôtels afin d’empêcher la prostitution infantile.

Quels sont les chantiers sur lesquels travaille l’Unicef ?
Pour 2009-2013, il y a quatre grands programmes. D’abord la survie de l’enfant, c’est-à-dire en fait la santé de la mère et du nouveau-né, la vaccination, la nutrition, etc. Ensuite l’accès de tous les enfants, garçons et filles, à l’éducation, dans des écoles dont les normes soient les meilleures possibles (nous essayons aussi de rattraper le temps perdu par la guerre en proposant des programmes accélérés d’école primaire pour ceux qui ont été privés de scolarité). Puis vient la protection de l’enfance contre toutes les formes d’abus. Et le quatrième programme rassemble des actions transversales : la lutte contre le VIH/sida, la communication en direction des communautés sur les bonnes pratiques à adopter en matière d’hygiène, de nutrition, de soins, etc, et le renforcement des capacités nationales d’évaluation et de suivi (l’Angola souffre d’un grand manque de statistiques et d’enquêtes, ce qui pénalise l’action).

Une volonté politique de développement

Pourquoi, d’après vous, l’Unicef peut-il faire la différence maintenant ?
La page de la guerre est tournée. Il y a une volonté politique de développement, avec des déclarations encourageantes en faveur des droits de l’enfant et de la lutte contre la pauvreté. La manne pétrolière offre, au moins en partie, des ressources sociales pour le pays. L’Unicef travaille avec en ligne de mire les objectifs du millénaire pour le développement : faire reculer la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, assurer l’education primaire universelle. Des progrès rapides peuvent être espérés, dans un pays dont les indicateurs ont été mis très mal en point par une guerre aussi longue.

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