Anne, enseignante engagée

Publié le 30 juillet 2013 | Modifié le 23 décembre 2015

Travailler avec des bénévoles de l’UNICEF pour sensibiliser des élèves aux droits de l’enfant. Un enseignement parfois malheureusement négligé au quotidien selon Anne L., jeune institutrice à Paris. Rencontre.

Il est de ces enseignants passionnés et engagés qui vont au-delà de ce qui leur est demandé dans le programme scolaire. Nul doute, Anne L., 33 ans en fait partie.
 

Une enseignante engagée pour les droits de l’enfant

 
 « Petite, j’hésitais entre devenir danseuse, boulangère ou enseignante. J’ai vite compris quelle était ma vraie vocation. » Anne est institutrice dans une classe de CE2/CM1 d’une école parisienne. Jeune maman, particulièrement sensible aux droits des enfants, elle a invité des bénévoles de l’UNICEF à présenter l’organisation et ses actions auprès de ses élèves. « Quand je suis arrivée à l’école, c’était quelque chose de courant de faire venir les gens de l’UNICEF, tous les ans, pour faire un travail dans l’école. »
 
Le but est simple : discuter des droits et devoirs des enfants du monde entier avec une audience concernée : les enfants eux-mêmes. Au programme : trois séances d’une heure trente dont une consacrée à la présentation de l’UNICEF et de ses actions et deux à des mises en situation.
 
« Au début, les enfants ont un discours attendu, comme le classique ‘Ils ne vont pas à l’école, la chance !’ A la fin de la séance, ils comprennent qu’il vaut mieux aller en classe que de travailler dans des carrières de pierre. »
 

« Les enfants apprennent mieux en jouant ! »

 
Anne est une convaincue. Convaincue de la nécessité de prendre le temps pour organiser ces séances, mais aussi de donner la parole aux enfants, ou plutôt de leur donner les moyens de le faire. D’où l’importance, selon elle, des scénettes jouées par les élèves lors de ces séances, pour parler du harcèlement et des violences à l’école. Trois rôles : l’agresseur, la victime et le témoin. « On constate très vite que le témoin prend la défense de la victime, ce qui est très positif. En revanche, ça se traduit souvent par une agression de l’agresseur, ce qui n’est pas le but recherché. » Un constat pour Anne : l’adulte est très souvent le médiateur nécessaire lors de ces conflits, constat qu’elle essaye de faire comprendre à ses élèves.
 
« Il m’est arrivée par la suite que des élèves viennent me raconter qu’ils subissaient des humiliations ou des violences, à l’école comme en dehors. Je crois qu’ils ne me l’auraient pas dit si nous n’avions pas fait ces séances de pédagogie avec l’UNICEF. »
 

Surtout, ne pas s’arrêter là

 
Anne compte renouveler l’expérience l’année prochaine, avec de nouveaux élèves. Lorsqu’on lui demande si elle souhaiterait que d’autres enseignants suivent son exemple, sa réponse, comme à son image, va plus loin. « Il faudrait, par exemple, que les textes de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant soient enseignés dans les classes. Ces séances avec l’UNICEF sont encadrées, l’enseignement y est très précis. On sait où on va. » D’ici là, Anne a des conseils à donner aux enseignants désirant travailler sur ces thèmes : « Osez ! Faites vous confiance et faites confiance à vos élèves. Ils sont en général très surprenants et ont beaucoup de choses à dire. »
 
 

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