Au Mali, les villages améliorent leur hygiène du quotidien

Publié le 27 octobre 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Dans de nombreux villages maliens, seules les personnes âgées ou handicapées ont accès à des latrines. Généralement, le reste de la population fait ses besoins à l’air libre. Une habitude qui pose de gros problèmes d’hygiène, ce à quoi l’Unicef remédie en soutenant un programme d’assainissement piloté par les villages mêmes.

 

La défécation à l’air libre et le non-usage du savon restent des pratiques courantes dans les régions rurales du Mali. Le manque d’hygiène donne lieu à des maladies liées à la diarrhée, l’une des causes majeures de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans du pays. Pourtant, une prise de conscience est en train de s’opérer. Elle se traduit par l’application d’un programme auquel participent des centaines de villages. Il s’agit du programme appelé  « Assainissement total piloté par la communauté » soutenu par l’Unicef et le gouvernement.

Pour faire passer le message de manière efficace, des conteurs traditionnels, les griots, jouent un rôle-clé. Grâce à eux, les spécialistes locaux de l’assainissement travaillent en bonne entente aves les villageois. Les griots montent des petites scénettes illustrant le comportement quotidien des villageois. Des excréments frais humains sont placés près de la nourriture et de l’eau que les villageois ont partagée. L’effet ne se fait pas attendre : en quelques secondes, les mouches sont attirées et commencent à se déplacer entre les excréments, la nourriture et l’eau.

Provoquer un meilleur comportement

Les gens observent immédiatement les risques de la défécation en plein air et réalisent qu'ils consomment peut-être de la nourriture contaminée par leurs propres excréments. « Les enfants et les adultes font leurs besoins en plein air et cela conduit à une absence de sanitaires. Les mouches atterrissent sur les excréments, faisant passer les maladies sur notre nourriture. C'est pourquoi je creuse pour arrêter cela », explique un père de famille.

Le but de chaque village est de se débarrasser de la défécation à l’air libre. Cela signifie que chaque famille doit avoir accès à une latrine ouverte pour réduire la présence des mouches et doit disposer d'eau, de savon ou de cendres pour le lavage des mains.

L'Unicef et ses partenaires sont persuadés qu'ils peuvent continuer à développer la portée du programme "Assainissement total piloté par la communauté" au Mali. Pour 2010, l'objectif est d'aider 300 villages à adopter de bonnes pratiques d’hygiène. Au final, 200 000 personnes pourront bénéficier de ce nouveau programme.

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