Au Sud-Soudan, l’Unicef poursuit son action malgré les violences

Publié le 24 juin 2011 | Modifié le 31 mars 2016

Le 9 juillet, l’indépendance du Sud-Soudan entrera en vigueur. Décidée par référendum en janvier dernier, la perspective de sécession entre le sud et le nord du pays a engendré une augmentation des violences. Dans le centre du pays, région la plus affectée par le conflit, des milliers de personnes ont été obligées de fuir le chaos. Sur le terrain, l’Unicef travaille au déploiement d’une aide d’urgence.

 

 

Depuis ces dernières semaines, à l’approche de la sécession entre le Sud–Soudan et le nord, de violents affrontements ont lieu entre les forcées armées du Soudan et le Mouvement populaire de libération du Soudan (Sud). Pour fuir les combats, plus de 180 000 personnes se sont déplacées vers des régions un peu plus éloignées de la frontière interne.

À Kadugli (État du Sud-Kordofan, au centre du Soudan) et les environs, malgré des conditions de sécurité incertaines et fragiles, notre organisation vient en aide à la population affectée, dans des zones d’interventions limitées. « Les bombardements commencent à six heures environ », explique Anil Vyas, spécialiste de l'eau pour l'Unicef, depuis Kadugli. « Ils réveillent tout le monde », ajoute t-il.

L’eau, indispensable à la survie

Les conditions de sécurité étant extrêmement périlleuses, il a fallu prendre de grandes dispositions pour que les 10 000 personnes déplacées dans un camp de fortune, près de la Mission des Nations unies au Soudan, reçoivent l'appui désespérément attendu en eau potable. Mi-juin, l’Unicef a fourni quotidiennement 22 000 litres d’eau aux personnes déplacées dans les zones de la Mission des Nations unies pour le Soudan (MINUS), qui sont sécurisées.

« Comme nous ne pouvons pas nous rendre en ville, nous avons demandé au contingent indien de maintien de la paix d'emmener les deux citernes en ville chaque jour pour rapporter de l'eau aux personnes déplacées », explique M. Vyas. « Il leur faut six heures pour faire l'aller-retour, à cause de tous les points de contrôle et des autres obstacles de la route ». Et dans la mesure où « personne d'autre n'amène d'eau ici, chaque goutte d'eau compte », selon le spécialiste.

La santé, au cœur de l’intervention de l’Unicef

Pour M.Vyas, la plus grande satisfaction a été la baisse du nombre de cas de diarrhées et d'infections oculaires dans le camp. Cela a été rendu possible notamment grâce à l'approvisionnement en eau permis par l'Unicef et ses partenaires. Un autre facteur y a également contribué : les 50 cartons de savon envoyés par l’Unicef, en coordination avec le Ministère des ressources en eau et l’ONG locale Mubadroon.

L'Unicef et Mubadroon ont aussi pu distribuer des bâches, des couvertures, des nattes de couchage… aux 17 000 personnes qui n'avaient pas de quoi s'abriter du soleil brûlant et des pluies saisonnières. De plus, à ce jour, 7200 personnes déplacées ont bénéficié de médicaments essentiels, grâce à des partenaires de l’Unicef, en dehors des zones d’intervention de la MINUS. Mais il est plus difficile de fournir ces mêmes médicaments dans des zones d’accès limité, à cause des combats.

En parallèle, notre organisation met en place des programmes de prise en charge pour faire face au risque d’une détérioration de l’état nutritionnel des enfants, parmi les populations déplacées ou affectées par le conflit.

Faire une différence

« Nous n’atteignons peut-être qu’une petite part des personnes affectées, mais je suis très fière du travail accompli par l’équipe, dans un contexte aussi difficile », affirme Soledad Herrero, responsable du bureau de terrain de l’Unicef à Kadugli. Pour elle, le moment le plus précieux aura été de trouver une petite fille, disparue dans la panique d’un bombardement. « Nous avons retrouvé cette enfant, sa mère est venue me voir et a fondu en larmes dans mes bras », conclut-elle.

Les affrontements ont également entrainé l’interruption de l’école. Celle-ci pourrait reprendre début juillet, seulement si les conditions de sécurité le permettent.

En savoir plus :

Déclaration d'Anthony Lake en vue de l'indépendance du Sud-Soudan

Dans certaines régions du Sud-Soudan, la malnutrition atteint plus de 20 % des enfants de moins de 5 ans.

L'Unicef lance deux appels de fonds pour les trois prochains mois :

- l'un à hauteur de 24,5 millions d'euros pour venir en aide d'urgence aux enfants du Soudan.

- l'autre à hauteur de 9,6 millions d'euros pour les enfants du Sud-Soudan.

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