Au Yémen, les bébés prématurés paient le prix de la guerre

Publié le 02 décembre 2019

Les privations quotidiennes, le stress et l’angoisse liés aux attaques régulières et la disparition continue des services publics mettent en danger les enfants yéménites.

Hassan n’est âgé que de 11 jours, mais ce bébé né prématuré compte déjà parmi les victimes de la guerre qui sévit au Yémen. Sa mère, Iftikhar, l’espérait de tout son cœur, mais elle n’avait pas imaginé qu’elle tomberait enceinte au milieu de ce conflit meurtrier et sanglant. Avec son époux, elle vivait à Hoddeïda, une ville portuaire du pays qu’elle a fui à cause des combats. « Tous les gens autour de nous avaient été tués par des frappes aériennes, même nos voisins sont morts, raconte-t-elle avec émotion. Alors on est partis, sans rien… Nous avons utilisé le bus dont mon mari était le chauffeur et nous avons emmené avec nous toutes les personnes qui étaient encore en vie pour aller à Sanaa. »

« Sans UNICEF, l’hôpital aurait fermé »

C’est dans ce bus qu’elle a dormi deux mois durant. Quand elle a découvert qu’elle était enceinte, elle a vendu ses dernières possessions, des boucles d’oreille en or, pour louer une chambre. Mais c’est tout ce qu’elle pouvait s’offrir : il lui fallait marcher pendant des heures pour avoir de l’eau et il était quasiment impossible de trouver de quoi manger. C’est alors qu’elle transportait de l’eau qu’elle s’est rendue compte qu’elle saignait. Quelques instants plus tard, elle a mis au monde, bien avant son terme, un petit garçon qui luttait pour survivre.

Iftikhar et son fils Hassan ont pu être pris en charge à la maternité d’Al Sabeen, un hôpital où des équipes d’UNICEF sont présentes en permanence. « Nous assurons l’alimentation électrique, nous fournissons des médicaments, du matériel ainsi que des incitations pour le personnel médical, explique le docteur Suaad Al-Hetari qui travaille pour UNICEF. L’hôpital aurait fermé si nous n’étions pas là. » Pour Hassan, cela a joué un rôle crucial dans son combat pour la vie. Sa mère vient le voir tous les jours et investit toute son énergie pour qu’il se développe au mieux malgré sa naissance prématurée.

Des histoires comme celle-ci, les infirmières de la maternité en voient trop souvent. Elles savent qu’après une attaque, elles doivent se préparer à un afflux soudain d’enfants nés prématurés, car les frappes occasionnent du stress et des angoisses qui pèsent sur les femmes enceintes. Celles-ci ont aussi beaucoup de mal à se nourrir suffisamment. Anémiées, amaigries et affaiblies, elles ont bien plus de mal à mener une grossesse à terme dans de bonnes conditions. Même s’il s’agit de la troisième année sans salaire pour le personnel médical, tous ont conscience qu’ils sont indispensables et les équipes d’UNICEF mettent tout en œuvre pour les inciter à rester et faire en sorte que la maternité reste ouverte.

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