"Aujourd'hui quand on parle du sida, on nous écoute"

Publié le 04 avril 2006 | Modifié le 31 août 2015

Au Cambodge, l'accélération des activités de prévention et d'information, le développement des services de santé et de soutien des personnes infectées et affectées par le VIH, la mobilisation de la société civile et des leaders bouddhistes contre le VIH/sida ont permis de faire baisser le taux de prévalence du VIH/sida de 3,9% en 1997 à 1,9% en 2005. Le pays, présentant pourtant le taux de prévalence le plus élevé d'Asie apparaît comme un exemple à suivre en terme de lutte contre le VIH/sida.

À Phnom Penh comme dans les provinces, les équipes de l’Unicef dédiées au VIH/sida sont présentes sur tous les fronts de l’épidémie. Pour Sedtha Chin, chargée de projet VIH/sida à l’Unicef Cambodge, « notre travail consiste à aider le gouvernement et les communautés à offrir aux enfants et aux familles touchés par le VIH/sida un véritable continuum de soins et de services : de l’accès aux traitements jusqu’au soutien psychosocial voire économique des plus vulnérables d’entre eux ». En 2005, au Cambodge, on estimait que 123 100 personnes de moins de 50 ans vivaient avec le VIH/sida. Parmi elles, on compte près de 12 000 enfants de moins de 15 ans.

À l’Hôpital national de santé maternelle et infantile au cœur de Phnom Penh, les équipes médicales, soutenues par l’Unicef, proposent aux femmes enceintes et à leurs compagnons des séances d’information sur le VIH/sida, rappelant les risques de transmission du virus de la mère à l’enfant et l’importance des consultations prénatales. Depuis 2001, de plus en plus de femmes bénéficient d’une consultation prénatale anonyme et individuelle leur proposant le dépistage du VIH. Lorsque le test se révèle positif, les futures mères sont prises en charge et bénéficient des services de PTME (Prévention de la transmission mère-enfant). Après la naissance, les nouveaux nés bénéficient de traitements préventifs contre les maladies opportunistes et d’un traitement ARV prophylactique. En 2005, près de 33 000 femmes ont participé à une consultation prénatale et 19 000 ont passé le test VIH. Grâce à ces efforts, chaque année, le nombre de femmes accouchant en ignorant leur statut VIH diminue.

Au Cambodge, les familles touchées par le VIH/sida sont souvent parmi les plus vulnérables. Soutenue par l’UNICEF, l’ONG Nyemo située dans les quartiers populaires de Phnom Penh propose des activités de conseil, de formation professionnelle, d’éducation et de suivi médical aux femmes célibataires les plus démunies et à leurs enfants. Un médecin est présent au sein du centre pour conseiller et aiguiller les femmes et les enfants nécessitant des soins particuliers liés au VIH/sida. Durant la journée, pendant que les femmes bénéficient de programmes d’insertion professionnelle, de séances d’éducation et de conseil, les enfants les plus jeunes sont pris en charge par des travailleurs sociaux, tandis que les plus grands vont à l’école. Pour Kanary, jeune co-directrice de l’association, « l’important est d’avoir une approche globale, du conseil médical au développement des compétences, et d’éviter la ségrégation entre ceux qui vivent avec le VIH et les autres. Notre objectif est de créer des liens entre les bénéficiaires et de leur donner des outils d’insertion dans la société ».

A une heure de route, dans la province de Kompung Speu, la prévention et l’information sur le VIH/sida est l’affaire de tous. Dans la commune de Mohasang, un groupe d’une trentaine de jeunes volontaires de 17 à 25 ans organise durant toute l’année des activités d’éducation et d’information sur le VIH/sida dans les rues, les écoles et les familles du district. Formés et soutenus dans le cadre des programmes de l’Unicef, ces jeunes femmes et hommes, maillon essentiel de la lutte contre le sida, servent fréquemment de relais entre les communautés et les services de conseils, de dépistage ou de soins disponibles dans le district.
« Aujourd’hui lorsqu’on parle du sida, les gens nous écoutent », affirme une l'une des jeunes volontaires âgée de 17 ans. Des mots qui témoignent d’un véritable changement des mentalités face à l’épidémie.
Dans la commune de Kompung Speu, les moines bouddhistes organisent deux fois par mois dans les pagodes des sessions de méditation, de discussion et de conseil pour les familles infectées et affectées par le VIH/sida. Lancée par l’Unicef en 2004, la « Buddhist Leader Initiative » vise à impliquer profondément les moines et les nonnes bouddhistes dans le conseil et le soutien aux familles et aux enfants touchés par le VIH/sida ainsi qu’à éduquer l’ensemble des jeunes aux questions relatives au sida. Selon Udom Kong, en charge du programme pour l’UNICEF, « les moines sont devenus une pierre angulaire de la lutte contre le sida. Dans un pays aussi religieux, l’engagement des leaders religieux auprès des personnes vivant avec le VIH/sida a transformé les mentalités et aidé de réduire la discrimination envers les familles et les enfants touchés par le VIH/sida».

Dans un pays où en 2005 seuls 1071 enfants avaient accès à des traitements ARV, les défis restent cependant considérables.

L'UNICE France s'engage

Depuis 2002, l’Unicef France s’est engagé dans la lutte contre le VIH/sida au Cambodge en soutenant trois programmes mis en œuvre par l’Unicef Cambodge :

  • 2002-2005 : programme « Montée en puissance des services de Prévention de la transmission Mère/enfant (PMTCT) du VIH/sida ». Budget : 343 000 €.
  • 2004-2006 : programme « Soutien aux activités de prévention du VIH/sida chez les jeunes ». Budget : 257 426 €.
  • 2006-2008 : programme « Accroître les soins pour les enfants vivant avec le VIH/sida au Cambodge ». Budget : 345 995 €.
     

Soutenir nos actions