Auprès des victimes de viols

Publié le 02 septembre 2009 | Modifié le 31 mars 2016

En République Démocratique du Congo (RDC), les viols sont une arme de guerre utilisée couramment pour terroriser les civils et déstructurer le tissu social. Ann Veneman, directrice générale de l’Unicef, a rencontré de jeunes victimes traumatisées par ce qu’elles ont subi.
 

«En 2006, j’ai rencontré une fillette de 12 ans, qui avait été attaquée et brutalement violée par quatre hommes, se souvient Ann Veneman, directrice générale de l’Unicef. Depuis, je garde toujours son histoire en mémoire ». Rencontrée à nouveau trois ans plus tard, la jeune fille reste marquée physiquement et moralement. Elle ne peut ni aller à l’école, ni se permettre de consulter un médecin. Des femmes de sa communauté s’occupent d’elle mais n’ont pas toujours les moyens de la nourrir.
« Il y a trois ans, elle m’a dit qu’elle voulait devenir nonne lorsqu’elle serait grande, poursuit Ann Veneman. Elle n’a pas changé d’avis depuis. Son choix en dit long

En RDC, la guerre qui a débuté en 1998 s’est officiellement terminée en 2003 mais les violences et les viols continuent. En plus de les affecter moralement, ces crimes exposent les victimes aux infections sexuellement transmissibles, en particulier au VIH/sida. Mais ces violences sexuelles ont aussi des conséquences sociales. Nombreuses sont les fillettes et les femmes à être rejetées par leurs familles, leurs communautés lorsqu’elles sont victimes de viols.

Rejetée par son mari

Dans un hôpital pour les victimes de violences sexuelles soutenu par l’Unicef, Ann Veneman a rencontré une autre jeune femme marquée psychologiquement. « Elle m’a expliqué qu’elle a été violée plusieurs fois. Ce qui m’a le plus choquée, c’est qu’après avoir subi un viol par un premier soldat, le deuxième a sorti un vêtement de sa poche pour la laver avant de la violer à son tour. C’est arrivé à plusieurs reprises.» Et la jeune femme a été agressée une nouvelle fois en juin dernier. «Traverser deux fois ces épreuves est déjà horrible, se désole Ann Veneman. Mais ce qu’elle a dit ensuite m’a brisé le cœur… Son mari l’a rejetée en lui disant qu’il ne pouvait pas rester avec une femme qui a été violée autant de fois.»

De 2008 à 2010, l’Unicef France apporte un soutien financier de plus d’un million d’euros à un large programme de lutte contre les violences sexuelles en RDC. À ce jour, l’ensemble des activités déployées sur le terrain a permis la prise en charge sur le plan médical et psychosocial de 18 000 personnes victimes de violences sexuelles. Un projet de réinsertion socio-économique basé sur l’artisanat a bénéficié à près de 500 femmes. 700 cas de viols ont fait l’objet d’une procédure judiciaire. Enfin, grâce à une campagne nationale, près de 260 000 personnes ont été sensibilisées à la question des violences sexuelles.

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