Avec un mois de retard, les enfants haïtiens retrouvent le chemin de l’école

Publié le 07 octobre 2008 | Modifié le 04 janvier 2016

En raison des dégâts provoqués par les ouragans d’août et septembre derniers, la rentrée scolaire fixée initialement au 1er septembre a finalement eu lieu ce lundi 6 octobre. Une rentrée partielle, car de nombreuses écoles servent encore d'abris aux sinistrés. A ces difficultés, viennent s’ajouter de graves difficultés économiques pour les familles qui ne parviennent plus à scolariser leurs enfants.

La rentrée scolaire a eu lieu ce lundi 6 octobre mais de nombreuses écoles servent encore d'abris aux sinistrés.Le Gouvernement haïtien a maintenu la rentrée scolaire au niveau national au 6 octobre malgré le fait que la plupart des écoles des zones affectées ne seront pas nettoyées et-ou réhabilitées à cette date. Le ministère de l'Education nationale envisage un retour progressif à l'école à partir du 20 octobre dans le département de l'Artibonite, Nord ouest du pays, qui comprend la ville des Gonaïves la plus sinistrée par les inondations.

« Alors que dans la capitale Port au Prince et dans les districts ruraux non touchés un bon nombre d'écoles peuvent ouvrir, la situation aux Gonaïves se complique du fait que certaines écoles abritent encore des déplacés », précise Béatrice Malebranche la responsable de l'éducation à l'UNICEF Haïti. Il y aurait encore 65 000 personnes abritées dans des écoles et autres bâtiments publics épargnés par les flots de boue, mais ils sont pleins de personnes déplacées. Les autorités de la ville avec le soutien de l’UNICEF explorent des solutions alternatives, afin de reloger les déplacés qui ont vécu là pendant trois semaines, à l'étroit et dans des conditions précaires. Mais pour autant, même si la Protection civile des Gonaïves encourage les sinistrés à quitter les écoles, bon nombre d’entre eux n’ont nulle part où aller : les routes sont encore impraticables en dépit des travaux entrepris pour les rendre carrossables, et nombre de familles ont perdu leur domicile dans les inondations.

Il ne suffira pas non plus de libérer ces écoles de leurs occupants pour qu'elles soient en mesure d'accueillir les élèves. Celles-ci ont en effet subi des dégradations et sont envahies par les ordures. Il faudra également plusieurs semaines de nettoyage et de réhabilitation des écoles envahies par la boue, avant qu’elles ne soient de nouveau opérationnelles. Dans certains cas, il faudra ouvrir des écoles dans des locaux provisoires pour ne pas retarder plus longtemps la rentrée des élèves. « Nous avons environ 200 écoles à nettoyer, une centaine à réhabiliter et plus de 20 à reconstruire entièrement, » explique Arnold Christian, directeur de département au ministère de l'Education. « On repart de zéro. »

L’UNICEF Haïti a déjà commencé le travail de réhabilitation d’une cinquantaine d’écoles inoccupées, principalement aux Gonaïves. En collaboration avec les autorités locales de l’Education, l’UNICEF a livré du matériel pour le déblaiement (900 pelles, 150 pioches 300 brouettes et 1500 paires de gants) aux organisations partenaires (OIM, CARE CRS) chargées de la mise en œuvre des travaux. L’UNICEF a également signé un protocole d’accord avec Catholic Relief Services pour la réhabilitation de 11 écoles dans les villes de Leogane, Petit Goaves et Grand Goaves dans le sud du pays pour un montant de 175 000 dollars.

Par ailleurs, beaucoup d’élèves ont perdu leurs livres, uniformes et autres matériels scolaires dans les dernières inondations. L’UNICEF a passé commande de bancs scolaires, et devrait recevoir pour la fin du mois d’octobre 120 000 kits scolaires et 70 colis « l’école en boite » qui contiennent chacune tout le matériel nécessaire au bon fonctionnement d’une école de 80 élèves.

Cette rentrée scolaire s’effectue également sur fond de difficultés économiques et sociales. La situation n’a cessé de s’aggraver ces dernières années et les frais scolaires ont augmenté. Si ceux-ci ne dépassent pas 50 dollars par an et par enfant, ils constituent une lourde charge pour une bonne partie de la population qui vit avec moins de 2 dollars par jour. « Les parents qui ont perdu tous leurs biens et leurs sources de revenus font face à de sérieux défis pour que leurs enfants retournent à l'école », déclare Mme Malebranche.

L'éducation en Haïti a toujours constitué un problème délicat, même lorsqu'une catastrophe naturelle ne vient pas rendre la situation encore plus difficile. 50 pour cent environ des enfants en âge d'aller à l'école primaire sont scolarisés et il n'y en a que 17 pour cent qui atteignent la fin du cycle primaire.

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