Batoul, 10 ans : brisée par la guerre en Syrie, elle se reconstruit

Publié le 03 novembre 2017 | Modifié le 06 novembre 2017

Un tir de mortier à Alep en Syrie a emporté la main droite de Batoul ainsi qu’une partie de sa famille.

Comment retourner à l’école quand on a perdu une main à cause de la guerre ? Peut-on encore jouer et sourire quand on a vu sa famille mourir dans une explosion ? A-t-on le loisir de rêver quand tout s’est effondré et qu’on n’a que 10 ans ? Ces questions sont le quotidien de Batoul, une fillette syrienne qui espère un jour devenir pédiatre pour aider d’autres enfants : « Je ne veux pas qu’ils souffrent comme moi j’ai souffert », confie-t-elle.

Il y a cinq ans, sa famille a quitté la partie orientale d’Alep pour rejoindre la partie ouest de la ville. L’objectif poursuivi était de trouver un abri plus sûr face à la montée des violences. Mais la guerre a brisé les espoirs de Batoul et des siens. Un vendredi, alors qu’elle et ses proches marchaient près de leur maison, un tir de mortier les a touchés, raconte la fillette d’une voix tremblante. Batoul et son petit frère Motaz ont été ensevelis sous des gravats. Son père, sa mère et ses deux frères aînés ont, eux, été tués sur le coup.

Pour la grand-mère de Batoul, se remémorer cette journée funeste ravive les larmes : « Je m’en rappelle comme si c’était hier. J’ai dû aller à l’hôpital et voir mon fils, sa femme et leurs deux fils allongés, sans vie. » Batoul et son frère présentaient quant à eux d’importantes blessures. Tous deux ont été grièvement touchés aux jambes. La fillette a en plus perdu sa main droite dans l’explosion.

« Je veux aider d’autres enfants blessés comme moi, je ne veux pas qu’ils souffrent comme moi j’ai souffert », assure Batoul avec détermination. ©UNICEF/Syrie 2017/Khudr Al- IssaElle est restée en soins intensifs pendant cinq jours, avant d’être transférée dans un autre service. « Je me suis réveillée à l’hôpital, avec des pansements et des bandages des pieds à la tête, a décrit Batoul. Dans mon lit, tout me manquait : mes parents, mes frères, mes jouets. Mais il y a des moments où j’oubliais tout et je ne pensais plus qu’à la souffrance que j’éprouvais dans chaque partie de mon corps. »

Ce n’est qu’au terme de cinq opérations chirurgicales étalées sur 18 mois que la fillette a retrouvé l’usage de ses jambes. Et des semaines durant, Batoul a préparé son retour à l’école : « J’ai passé des journées à m’entraîner à écrire de la main gauche, à apprendre à m’habiller toute seule. Mon écriture avait un côté bizarre, mais je rêvais de pouvoir retourner à l’école et jouer comme n’importe quel autre enfant. »

Batoul et son petit frère Motaz jouent dans la cour de l’école. ©UNICEF/Syrie 2017/Khudr Al- Issa

C’est pour offrir à ces jeunes au parcours de vie brisé que l’UNICEF intervient en Syrie. Grâce à vos dons, des cartables, des fournitures et du matériel pédagogique sont acheminés jusqu’aux enfants qui en ont besoin. Les élèves dont la scolarité a été interrompue par la guerre sont spécifiquement pris en compte : des programmes financés par l’UNICEF les aident à rattraper leur retard lorsqu’ils retournent à l’école.

Le travail de l’UNICEF sur place consiste aussi à offrir à ces enfants un soutien psychologique et social. Les conflits armés laissent des traces profondes et durables dans l’esprit des enfants. Ainsi, dès que des combats ou des tirs se font entendre, Batoul et son petit frère éclatent en sanglots et s’agrippent l’un à l’autre, déplore leur grand-mère. Pour que chaque enfant ait la possibilité de vivre une existence sereine et paisible auprès des siens, merci de soutenir l’UNICEF.