Birmanie : l’école pour soigner le traumatisme

Publié le 24 septembre 2008 | Modifié le 31 août 2015

Niki Abrishamian, responsable éducation de l’Unicef Myanmar, décrit les efforts accomplis par l’Unicef et par les communautés pour remettre les enfants à l’école.

Notre responsable éducation décrit les efforts accomplis par l’Unicef pour remettre les enfants à l’école.

Pourquoi faut-il remettre les enfants à l’école aussi vite ?

Apres une urgence, l’école leur donne le sens de la normalité. Ils jouent avec d’autres enfants, ils peuvent s’exprimer. Les écoles constituent un endroit sécurisé, favorable à l’apprentissage et au développement. Reprendre rapidement la classe leur permet aussi, bien sûr, de ne pas prendre trop de retard dans leur scolarité.

Quels sont les effets psychosociaux visibles chez les enfants ?

Beaucoup sont traumatisés, comme le rapportent certains enseignants. Maintenant, quand ils entendent le tonnerre où voient des pluies abondantes, ils ont peur. Ils veulent grimper les murs de l’école pour aller sur le toit. Ce n’est qu’un exemple de réactions entraînées par ce qu’ils ont vécu.

Comme est-ce que l’Unicef apporte une aide ?

Avec le ministère de l’éducation, nous avons préparé et distribué aux enseignants 20 000 exemplaire d’un document intitulé Conseils aux enseignants pour aider les élèves à se rétablir suite au cyclone Nargis. Ce document conseille les activités et les réactions appropriées de la part des enseignants. Il invite à favoriser l’expression, le jeu, des rituels matinaux. Depuis le début du mois de septembre, nous avons également travaillé sur un atelier de formateurs qui seront chargés ensuite de former les enseignants au soutien psychosocial. Le programme doit toucher à terme les enseignants de cinq des zones les plus touchées par le cyclone.

Travailler avec les associations de parents et d'enseignants

Quel a été l’implication des communautés dans la reprise de la classe ?

Les parents et la société au Myanmar accordent un grand valeur à l’éducation. Quand l’Unicef a offert des ressources aux associations de parents et d’enseignants pour construire des espaces éducatifs temporaires, beaucoup ont relevé le défi. À ce jour, 217 communautés ont signé un accord pour un financement à petite échelle entre l’Unicef et les associations de parents et d’enseignants. Jusqu’ici, plus de 170 associations ont fini leurs bâtiments. 125 communautés ont dressé des tentes pour faire la classe. Les associations sont également impliquées dans l’entretien des écoles.

Reconstruire les écoles "en mieux"

Quels sont les autres actions de l’Unicef en terme d’éducation ?

Le passage du cyclone est l’occasion de « reconstruire en mieux ». Nous voudrions accroître la scolarisation, l’assiduité et la qualité de l’enseignement, dans des environnements améliorés. Le ministre de l’éducation nous a demandé de construire sept écoles modèles : les travaux commencent en octobre. Ces écoles seront équipées notamment de toilettes séparées filles / garçons, de salles de classe spacieuses, bien éclairées et aérées, d’une bibliothèque, d’une grand cour de recréation, d’un accès pour les handicapés.

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