Ce que les nouveaux maires peuvent mettre en oeuvre pour réduire la pollution de l'air

Publié le 11 septembre 2020

Alors qu'en France, 3 enfants sur 4 respirent un air pollué, trop peu de mesures spécifiques sont mises en place pour les protéger alors qu'ils sont les plus vulnérables à la pollution de l'air. Avec des actions ciblées, les maires peuvent agir concrètement pour préserver la santé des enfants. 

Toutes les communes françaises ont (ré)élu en 2020 leur Maire pour un mandat de 6 ans ! Alors que la crise climatique se fait sentir de plus en plus fortement et que la situation sanitaire est préoccupante, les équipes municipales peuvent jouer un rôle déterminant pour diminuer la pollution de l'air sur leur territoire et pour préserver les plus fragiles, dont font partie les enfants. 

Toutefois, si l'importance de lutter contre la pollution de l'air semble faire consensus, l'importance de protéger les enfants - et donc leurs lieux de vie - semble encore bien peu considérée. Pourtant, ils sont bien plus fragiles que les adultes et les conséquences de leur exposition dureront toute leur vie. 

1. Pour commencer, les communes doivent renforcer leurs connaissances concernant l'exposition des enfants à la pollution de l'air sur leur territoire.

Malgré la gravité des effets de la pollution de l'air sur la santé des enfants, peu nombreuses sont les collectivités qui connaissent l'exposition moyenne des enfants à la pollution de l'air sur leur territoire, dans et aux abords des lieux qui accueillent des enfants (crèches, écoles, infrastructures sportives, centre médico-sociaux...). Mesurer et connaître sont pourtant des étapes incontournables pour penser et mettre en oeuvre des solutions adaptées. Les communes peuvent y travailler avec l'Association Agréée de Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA) la plus proche. 

2. Pour améliorer la qualité de l’air, les collectivités doivent repenser les modes de déplacement sur leur territoire (« les mobilités »).

Le transport routier est responsable, au niveau national, de 63 % des émissions d’oxydes d’azote (NOx), de 15 % des émissions de particules (notamment les PM10)1. Dans les zones urbaines denses, près des grands axes de circulation, la part des transports dans les émissions de polluants augmente. Les collectivités doivent engager une réduction de la place de la voiture dans les déplacements. Cette réduction peut prendre plusieurs formes, mise en œuvre d’une zone à faibles émissions ou d’une zone à trafic limité, instauration de rues scolaires…

3. En parallèle, les collectivités doivent œuvrer au développement d’alternatives à la voiture.

Sur le territoire doivent être favorisées les mobilités partagées (transports en commun, covoiturage) et les mobilités actives (marche et vélo). Des plans de mobilité scolaire durables peuvent également optimiser les déplacements pour les enfants et les jeunes, en facilitant la mise en œuvre de transports collectifs, covoiturage ou vélobus et pédibus.

4. Les communes peuvent aussi accélérer les changements de comportement en matière de mobilité.

Par exemple, avec des accompagnements financiers à la transition vers des mobilités plus propres (aides à l’achat d’un vélo à assistance électrique, tarifs modulés et incitation pour encourager les primo-conducteurs à utiliser les transports en commun, aide pour l’installation d’abri-vélo, …).

5. Enfin, les collectivités locales devraient prendre en compte l’exposition à la pollution de l’air dans l’aménagement de l’espace.

L’organisation urbaine et les formes architecturales peuvent accroitre ou diminuer l’exposition des populations à la population.

 

Agissons contre la pollution : demandons aux nouveaux maires d’agir pour améliorer la qualité de l’air.

 


[1] ADEME,La pollution de l’air en dix questions, Les clés pour agir, édition Septembre 2018