Ce que vous devez savoir sur la campagne enfants et sida

Publié le 22 septembre 2005 | Modifié le 06 juillet 2015

Etat des lieux

  • L’impact du VIH/sida sur les enfants est accablant. Pourtant, plus de 20 ans après le début de la pandémie, c’est dans le domaine des enfants et des adolescents affectés par la maladie que l’on a le moins progressé.
  • Le nombre total d’enfants orphelins du sida est passé de 11,5 millions à 15 millions en seulement deux ans. En 2004, 510 000 enfants de moins de 15 ans sont morts de maladies opportunistes du sida et 640 000 autres ont été récemment infectés par le VIH. Plus de 2,2 millions d’entres eux sont porteurs du virus. Le pire reste pourtant à venir.
  • A l’heure actuelle, moins de 5 % des orphelins reçoivent une aide publique extérieure pour protéger leur enfance, moins de 2 % des enfants séropositifs bénéficient d’un traitement et seulement 8 % des femmes séropositives ont accès à des services de prévention de la transmission mère/enfant (PMTCT).
  • Suite à une très large consultation, l’Unicef et ses partenaires - parmi lesquels les bailleurs, des ONG, des organisations religieuses et des membres de la société civile - lancent la campagne globale « unissons-nous pour les enfants contre le sida » afin de démultiplier les interventions, d’améliorer la survie des enfants et de définir de nouvelles priorités dans les secteurs qui subissent de plein fouet les conséquences du sida : l’éducation, la santé et la protection de l’enfance.

    Les besoins

  • Nous avons besoin de davantage concentrer nos efforts afin d’augmenter le nombre d’actions en direction des enfants affectés par le sida. Nous avons également besoin de changer l’opinion communément admise qui veut que le sida soit essentiellement un problème d’adultes qui ne concerne pas les enfants. On oublie trop souvent que le sida a (aussi) le visage d’un enfant.
  • La campagne « unissons-nous pour les enfants contre le sida » va contribuer à provoquer un changement majeur dans le niveau de connaissance du public concernant les enfants et le sida et propulser cette thématique sur le devant de la scène et en tête des préoccupations.
  • Nous devons attirer l’attention du public sur les répercussions que le sida a sur l’enfance, et ce, différemment de toute autre maladie, ainsi que sur le fait que la pandémie menace la nature même de l’enfance pour des millions d’enfants. La campagne aura atteint son but si, à terme, le mot “sida” évoque pour les gens les millions d’enfants qui grandissent seuls, trop vite, ou qui ne grandissent pas du tout.
  • L’impact du sida sur les enfants peut être mieux mis en lumière si l’on explique les carences que la maladie entraîne dans leur vie – et par carences on entend : ce qui les empêche d’être heureux.
  • Grandir sans père et sans mère. 15 millions d’enfants ont perdu leur père et/ou leur mère à cause du sida. D’ici 2025, 25 millions d’enfants auront perdu au moins l’un de leurs deux parents.
  • Grandir sans enfance. Des millions d’enfants, empêchés d’aller à l’école, sont privés de leur enfance. Une fois leurs parents disparus, ils sont contraints de grandir trop vite afin de subvenir aux besoins de la famille.
  • Grandir sans avenir. Les enfants perdent également les protecteurs qui, à la mort de leurs parents, les prennent généralement en charge et leur assurent un avenir. Les écoles perdent leurs enseignants, les hôpitaux leurs médecins et leurs infirmiers. Dans les pays les plus touchés, une génération entière manque à l’appel.
  • Grandir sans savoir. Environ 70 % des enfants n’ont pas accès à l’information, aux compétences ni aux services de base nécessaires à la prévention. Des millions d’enfants sont incapables de citer ne serait-ce qu’un moyen de se protéger de l’infection par le VIH. Des millions de jeunes consommateurs de drogues par intraveineuse sont inconscients du danger que représente le partage de seringues.
  • Grandir sans avoir le choix. De très, très nombreux enfants, et en particulier les filles, grandissent sans pouvoir se protéger du sida. Dans de nombreux pays, les filles n’ont pas le pouvoir d’exiger de leurs partenaires qu’ils utilisent des préservatifs. Rendus vulnérables ou orphelins par le sida, garçons et filles sont contraints, pour des raisons de survie, de s’exposer à des situations dangereuses, comme dans la prostitution qui fait d’eux la proie d’hommes plus âgés, infectés par la maladie. Les filles et les jeunes femmes sont physiquement plus vulnérables à l’infection par le HIV que les garçons. En Afrique Subsaharienne, région la plus affectée du monde, on compte 75 % de taux d’infection parmi les 15-24 ans.
  • Grandir sans médicaments. Plus de 90 % des femmes enceintes infectées n’ont pas accès aux médicaments antirétroviraux qui pourraient empêcher leur enfant d’être contaminé à la naissance. Près de 99 % des décès d’enfants malades du sida pourraient être évités grâce à ces médicaments.
  • Grandir sans protection. La majorité des orphelins et des enfants vulnérables sont dépourvus de protection, de soins et d’assistance. Ils sont privés de la protection de leur famille, abandonnent souvent l’école et n’ont pas accès aux services de santé de base.
  • Grandir sans vous. La participation de chacun est nécessaire dans cet élan qui peut vraiment faire la différence. Nous ne réclamons pas seulement de l’argent. Nous vous demandons d’interpeller vos élus pour qu’ils s’engagent contre le sida. Parlez-en à vos amis, à vos collègues. Diffusez l’information : des millions d’enfants souffrent de tout ce dont le sida les prive. Ils comptent sur votre voix et sur votre aide pour vous unir pour les enfants contre le sida.

    A quoi va servir la campagne ?

  • La campagne “unissons-nous pour les enfants contre le sida” va mobiliser des fonds supplémentaires mais aussi intensifier et accélérer l’aide à certains pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique Latine et d’Europe de l’Est, pour préserver les générations actuelle et future de l’infection par le VIH et venir en aide aux enfants vulnérables, aux adolescents et aux jeunes malades du sida.
  • La campagne se focalise sur quatre domaines clés désignés comme “les quatre P”. Ces dernières années, ces domaines ont fait l’objet d’actions de plus en plus nombreuses sur le plan local, national et international. Celles-ci devront pourtant s’accélérer si l’on veut véritablement pouvoir commencer à inverser la tendance et stopper la propagation du virus HIV et du sida parmi les enfants, les adolescents et les jeunes. “Les quatre P” comprennent :
  • La prévention de nouvelles infections chez les jeunes: soit la moitié des nouvelles infections d’ici 2010. La prévention de nouvelles infections est le seul moyen sûr de faire refluer la pandémie de sida. La pierre angulaire de la prévention des nouvelles infections réside dans les relations sexuelles protégées. Pour leur apprendre à se protéger du sida, l’Unicef enseigne aux jeunes le B-A BA : abstinence, fidélité, préservatif. Cette approche a été adoptée à travers le monde comme la méthode la plus efficace et la plus compréhensible pour prévenir de nouvelles infections. A l’heure actuelle, seuls 30 % des jeunes ont accès à l’information, aux compétences et aux services qui sont essentiels dans la prévention contre le sida. La campagne vise à étendre la couverture à 80 % d’ici 2010.
  • Prévenir la transmission mère/enfant: faire passer de 3 à 80 % d’ici 2010 le taux de femmes enceintes séropositives qui bénéficient des services de prévention de la transmission materno-infantile. La grande majorité du demi-million d’enfants de moins de 15 ans qui meurent de maladies liées au sida chaque année a été contaminée par la transmission mère/enfant. Et pourtant, la grande majorité des femmes séropositives ne se voient pas proposer le traitement qui permettrait qu’elles ne transmettent pas l’infection à leur enfant pendant la grossesse, la naissance et l’allaitement. La campagne vise à augmenter le taux de femmes qui se voient offrir ces services, le faisant passer de 3 à 80 % d’ici 2010.
  • Les traitements pédiatriques : fournir des antibiotiques comme le cotrimoxazole et des traitements anti-rétroviraux (ARV) aux enfants. Les enfants affectés par le sida risquent de mourir de maladies opportunistes ou de l’une des maladies infantiles classiques s’ils n’ont pas accès à un traitement préventif et à une thérapie ARV. Il a été démontré que les antibiotiques, tels que le cotrimoxazole qui protége les enfants contre les maladies opportunistes, notamment le paludisme et la pneumonie, réduisent la mortalité des enfants séropositifs de 43 %. Pour 2 centimes d’euros par jour, le cotrimoxazole constitue un traitement efficace et adapté, bon marché, susceptible de changer la vie des enfants exposés au HIV. Et pourtant, seul 1 % des enfants nés de mère séropositive en bénéficie. Les enfants réagissent bien au traitement ARV. Pourtant, malgré les énormes progrès accomplis pour améliorer l’accès des adultes aux traitements, actuellement moins de 2 % des enfants qui auraient besoin d’une thérapie ARV en reçoive une. La campagne “unissons-nous pour les enfants contre le sida” vise à mettre en place et promouvoir un meilleur suivi et une meilleure identification des enfants ainsi que des soins et une aide pour tous ceux qui ont besoin à la fois de cotrimoxazole et d’un traitement ARV. Ce sont les enfants d’Afrique subsaharienne qui ont le plus grand besoin de traitement ARV et de cotrimoxazole : respectivement 370 000 et 3,5 millions d’enfants sont concernés. La campagne vise à favoriser l’accès à un traitement médical pour 80 % des enfants séropositifs d’ici 2010.
  • Protéger, prendre soin et soutenir les enfants affectés par le VIH/ sida : atteindre 80 % des enfants qui ont le plus besoin de protection, de services de base et d’assistance d’ici 2010. Malgré l’extraordinaire résilience dont elles font preuve dans la prise en charge des enfants orphelins ou affectés par le VIH/sida, les familles élargies ont atteint les limites de leurs possibilités. La campagne va donc financer des programmes pour soutenir ces familles ; elle prévoit également de mobiliser les communautés, d’assurer l’accès des orphelins et des enfants vulnérables aux services de base dont l’éducation et les soins de santé, de s’assurer que les gouvernements mettent en place une politique et une législation visant à protéger les enfants les plus vulnérables, et, enfin, sensibiliser l’opinion, à tous les niveaux, pour créer un environnement protecteur pour les enfants et les familles affectés par le sida.

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