« Certaines familles ont tout perdu »

Publié le 11 septembre 2009 | Modifié le 25 avril 2016

Des pluies torrentielles ont touché l’Afrique de l’ouest. Les inondations ont fait d’immenses dégâts et des centaines de milliers de personnes ont été déplacées.  Le Burkina Faso est l’un des pays les plus affectés. Le point avec Hervé Periès, représentant de l’Unicef à Ouagadougou.

Combien de personnes ont été affectées par cette catastrophe naturelle au Burkina Faso ?

8 personnes sont décédées à causes des pluies diluviennes et des inondations. Des maisons ont été détruites, les familles ont dû quitter leurs quartiers. Cette catastrophe est de grande ampleur : 150 000 personnes touchées sur 800 000 habitants à Ouagadougou. 40 000 personnes sont aujourd’hui relogées dans des écoles et des bâtiments publics, les autres ont rejoint leurs familles, des proches ou ont trouvé une place chez des gens solidaires.

Quels sont les besoins de ces familles aujourd’hui ?

Eau potable, vivres, latrines…. Nous avons distribué du matériel d’urgence aux familles touchées. Des couvertures, des kits de survie, des bidons… Nous nous mobilisons aussi pour assainir l’eau afin de prévenir le développement d’épidémies. Le risque ultime étant que le choléra frappe les populations vulnérables, notamment en zone périurbaine où l’eau n’est pas forcément assainie. Nous distribuons aussi des moustiquaires pour lutter contre le paludisme. 

Certaines familles ont tout perdu. Des récoltes entières ont été balayées. Il faut donc que nous venions en aide aux familles qui n’arrivent plus à nourrir leurs enfants. Toutes ces actions se développent en collaboration avec le gouvernement burkinabé.

Doit-on craindre des tensions entre les déplacés et les personnes qui les accueillent dans leurs communautés ?

Non, il ne me semble pas. Les populations dont l’habitat a été détruit ont trouvé refuge dans d’autres quartiers et les populations ont fait preuve d’un bel élan de solidarité.

Cette catastrophe naturelle est-elle exceptionnelle ?

Il s’agit de pluies saisonnières mais l’ampleur de la catastrophe est exceptionnelle. 260 millimètres de pluie sont tombés sur le Burkina Faso en seulement douze heures ! De nombreuses zones sont ravagées, l’hôpital national a même subi des dégâts. Sur les quatre dernières années, nous avons connu trois alertes importantes, les plus graves étant la crise actuelle et celle de 2007. Cette augmentation de la fréquence est certainement liée au changement climatique. Le pays n’avait pas connu des épisodes de cette intensité depuis le début du siècle.

Pour un aperçu de la situation dans l'ensemble de l'Afrique de l'ouest, cliquez ici.

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