Ces enfants qui fuient seuls la Syrie

Publié le 26 septembre 2013 | Modifié le 09 septembre 2015

Ils sont plusieurs milliers d’enfants à avoir quitté seuls la Syrie afin d’échapper au conflit. Depuis la construction du camp de réfugiés de Za’atari en Jordanie, plus de 1000 enfants, parfois très jeunes, sont arrivés sans famille afin de trouver de l’aide et parfois retrouver leurs proches. L’UNICEF est là pour les accueillir.

Ahmad, 12 ans, frotte ses yeux gonflés. Ils lui ont toujours fait mal. « A cause du travail qu’il faisait en Syrie », dit-il.
 
Il est arrivé au camp de Za’atari il y a quelques semaines. Si beaucoup d’enfants réfugiés syriens arrivent avec des membres de leur famille, ce n’est pas le cas d’Ahmad. Comme plus de 1000 autres enfants à Za’atari, il est ce qu’on appelle un enfant « non-accompagné ». C’est seul qu’il a parcouru les 70 kilomètres entre Irbid, où il vivait avec sa grand-mère, et le camp en Jordanie.
 
« Je suis venu ici car quand j’étais en Syrie, la maison tremblait 4 à 5 fois par jour à cause des bombes » raconte-t-il. Ahmad a été déposé chez sa grand-mère par ses parents, qui sont ensuite retournés en Syrie. Le jeune garçon ne veut pas dire pourquoi il est parti de chez sa grand-mère. Tout ce qui l’importe, c’est de retrouver ses parents : « ce sont eux qui comptent le plus pour moi. »
 
Après avoir marché seul dans le camp de Za’atari, il a été pris en charge par l’UNICEF qui l’a intégré dans un espace de protection de l’enfance spécialisé dans les enfants non-accompagnés, où ils peuvent apprendre, jouer et recevoir un soutien psychologique. Depuis, les travailleurs sociaux s’occupent en permanence d’Ahmad, qui devrait réintégrer l’école ce mois-ci. « Je ferais tout pour retourner à l’école, dit-il. Je veux un bel avenir, devenir médecin, enseignant ou ingénieur. »
 

Deux frères réunis

 
Hassan, 16 ans, est arrivé au camp de Za’atari il y a à peine 24 heures. Comme Ahmad, c’est seul qu’il a fait le voyage pour parvenir au camp de réfugiés. Originaire de Homs, il a quitté l’école pour partir au Liban, où il a travaillé dans un restaurant pour subvenir à ses besoins et envoyer de l’argent à sa famille.
 
Sa vie a changé le jour où les combats ont débuté.
 
« Ils ont commencé à bombarder ma maison, ma famille a donc quitté la Syrie et est venue en Jordanie,
dit-il. Après leur départ, nous avons perdu contact. J’étais mort de peur. Tout ce que je voulais, c’était rejoindre ma famille ici. » Hassan a fait le voyage seul, pendant trois jours. Avant de partir, il a dit à son frère Bilal, 21 ans, qu’il venait à Za’atari.
 
En apprenant qu’Hassan arrivait, Bilal fut rassuré : « On m’a dit qu’Hassan venait d’arriver, dit son grand-frère. La dernière fois que je l’ai vu, c’était il y a trois mois. Je suis tellement heureux qu’il soit là, je vais bien m’occuper de lui. »
 
Hassan restera dans un centre de protection le temps que les travailleurs sociaux finalisent le processus de réunification familiale, afin de s’assurer qu’Hassan sera en sécurité auprès de son grand-frère.
 

La protection, sans relâche

 
Plusieurs raisons poussent ces enfants et adolescents à quitter la Syrie en solitaire. Certains ont peur d’être enrôlés dans des groupes armés ou d’être arrêtés parce que des membres de leur famille sont des combattants. D’autres veulent simplement fuir la violence. Enfin, beaucoup ont vu leurs proches mourir.
 
« Nous avons vu des enfants de 9 ans arriver seuls » explique la représentante de l’UNICEF en Jordanie Dominique Hyde. « Ils ont tous été témoins d’atrocités et ont fait face à un très grand danger en fuyant le conflit sans leur famille. Ces enfants sont particulièrement sujets à des abus et à l’exploitation. »
 
L’UNICEF, avec l’International Rescue Committee (IRC) fournit un soutien spécialisé en continu à ces enfants. Avant de les confier à leurs proches, l’UNICEF procède à une vérification rigoureuse. Si les membres de la famille ne sont pas retrouvés, des familles d’accueil prennent soin des enfants, non sans avoir été sélectionnées et formées au préalable. Par la suite, des travailleurs sociaux continuent de surveiller quotidiennement ces enfants.
 
D’autres enfants comme Ahmad et Hassan, s’apprêtent sûrement à faire ce voyage solitaire et dangereux. L’UNICEF et ses partenaires seront là pour s’assurer que ces enfants soient protégés et que ce voyage se termine bien, en toute sécurité.

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