"Ces enfants réfugiés et migrants sont des êtres humains !"

Publié le 08 septembre 2016 | Modifié le 19 septembre 2018

Le nouveau rapport de l’UNICEF intitulé « Déracinés » dévoile les terribles chiffres de la crise des réfugiés et migrants dans le monde – crise dont 50 millions d’enfants, qui n’en sont pourtant pas responsables, sont les premières victimes. Ils sont de plus en plus nombreux et risquent jusqu’à leur vie… Témoignage de Christophe Boulierac, porte-parole de l’UNICEF.

« J’ai rencontré, en Serbie, un papa irakien qui poussait avec l’aide d’un autre homme deux fauteuils roulants, ceux de ses deux enfants lourdement handicapés. Imaginez les conditions de leur périple à pied, en bus, et même en bateau ! – si la fragile embarcation chavirait, c’était terminé…

Quand je lui ai demandé comment il avait pris la décision de partir, il m’a avoué que cela avait été terrible : sa femme, enceinte, avait dû rester en Irak, mais la vie là-bas n’étant plus possible, il partait pour le bien des enfants, en espérant que sa femme et leur bébé puissent les rejoindre, un jour... »

En chemin, ils risquent la noyade, le viol, l’exploitation…

« Pour la première fois grâce au nouveau rapport "Déracinés" de l’UNICEF, nous avons des chiffres sur ces enfants et leurs familles, qui nous permettent de mieux saisir l’ampleur de cette crise des réfugiés et migrants dans le monde, et mieux comprendre qui sont ces près de 50 millions d’enfants « déracinés », d’où ils viennent et où ils vont… Mais derrière ces chiffres, il faut que chacun d’entre nous se rappelle que ce sont des êtres humains ! On ne quitte pas sa maison, et toute sa vie, sans bonne raison.

Ces raisons, pour 28 millions d’enfants réfugiés ou déplacés, ce sont la guerre et les violences, notamment en Syrie et Afghanistan ; pour 20 millions d’autres, dit « migrants », ce sont par exemple la pauvreté extrême comme en Afrique, la violence des gangs comme en Amérique Centrale, les catastrophes naturelles dues au changement climatique comme en Asie… Quand on connaît les risques encourus sur le chemin de la migration (tout particulièrement par les dizaines de milliers d’enfants qui voyagent tout seuls, et sont donc encore plus vulnérables) – c’est à dire la noyade, le viol, l’exploitation par des passeurs et des trafiquants, le kidnapping, la malnutrition et la déshydratation, et même le meurtre… – on ne peut qu’imaginer l’horreur que ces familles fuient au départ.

Et à l’arrivée dans les pays dits « d’accueil », le périple n’est pas terminé : nombre d’enfants sont victimes de xénophobie, de discrimination, d’abus, n’ont pas accès à l’école, aux soins de santé et autres services de base, certains sont mis en détention du fait qu’ils n’ont pas de papiers ou de statut juridique précis…

Ce pourrait être nous, notre famille

« Tout cela est inacceptable. L’UNICEF continue ses actions sur le terrain auprès de ces enfants, mais des mesures doivent être prises au plus haut niveau, c’est pourquoi nous demandons aux gouvernements et aux autres acteurs essentiels participant aux deux Sommets pour les réfugiés et migrants, les 19 et 20 septembre 2016, de tenir compte de ces 6 recommandations : protéger ces enfants de l’exploitation et des violences, mettre fin à la détention, ne pas séparer les familles, donner l’accès à l’éducation, la santé et aux autres services de base, lutter contre la xénophobie et enfin combattre les causes sous-jacentes des déplacements à grande échelle de ces populations. Ces sommets ne résoudront pas tout, mais ils sont une étape importante, le début nous l’espérons d’une réelle discussion qui permettra de trouver des solutions à cette crise sans précédent.

Mais chacun de nous est également responsable à son niveau. Nous avons chacun, dans l’histoire de notre famille, des personnes qui ont à un moment donné entrepris ces mêmes dangereux voyages pour fuir la guerre ou aller chercher ailleurs une vie plus sûre pour leurs enfants. Ces parents que j’ai vus récemment aux frontières des Balkans, marcher d’interminables journées par tous les temps, dormir dehors dans des conditions indignes, leurs enfants dans les bras… c’était moi, c’était ma famille ! Ce pourrait être nous, notre famille. Ne l’oublions pas. »

 

Comment aider ?

Vous pouvez soutenir l’UNICEF dans ses actions sur le terrain dans les pays d’origine ou de transit de ces enfants, notamment en faisant un don en ligne, ou en nous permettant d’envoyer directement sur le terrain de l’aide d’urgence (couvertures, bâches, kits de premiers secours ou d’hygiène), du matériel de santé ou encore des fournitures scolaires… Merci de votre soutien !

Sommets pour les réfugiés et migrants

En vue du Sommet des Nations Unies sur les réfugiés et les migrants à New York lundi 19 septembre, et du Sommet des dirigeants sur les réfugiés organisé par le président américain Barack Obama mardi 20 septembre...

Voici les 6 recommandations de l'UNICEF aux décideurs :
-protéger les enfants réfugiés et migrants de l’exploitation et des violences
-mettre fin à la détention
-ne pas séparer les familles
-donner l’accès à l’éducation, la santé et aux autres services de base
-lutter contre la xénophobie
-combattre les causes sous-jacentes des déplacements à grande échelle de ces populations.

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