« Cette aide financière a sauvé la vie de ma famille »

Publié le 28 mars 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Au Niger où sévit une crise alimentaire et nutritionnelle grave, des familles entières n’ont plus de quoi se nourrir. Pour aider chacun des membres du foyer et non plus seulement les très jeunes enfants, l’Unicef et ses partenaires ont lancé une opération audacieuse : l’aide financière mensuelle. Reportage vidéo auprès de l’une des 20 000 familles bénéficiaires.

Cette aide par « allocation mensuelle » fait partie d'une intervention collective audacieuse, orchestrée par l'Unicef, l'Agence américaine pour le développement international (USAID), le Département d'aide humanitaire de la Communauté européenne (ECHO), le gouvernement du Niger et d'autres partenaires, afin d'aider les familles démunies du district de Magaria, dans le sud du Niger, à acheter de la nourriture, en attendant de meilleures récoltes.

Les mères dont les enfants ont entre 6 et 23 mois, recevaient déjà des rations alimentaires mensuelles enrichies, dans le cadre d'un programme d’« appui nutritionnel », mais ce n'était pas suffisant.

« Nous avons découvert que la ration alimentaire destinée à protéger les plus jeunes enfants de la malnutrition était finalement utilisée par l'ensemble de la famille », faute de nourriture pour tout le monde, explique Hamid Diourro, Directeur régional au Ministère de la santé du Niger. Le gouvernement a donc pensé qu'il était nécessaire, pour préserver l'usage de cette ration alimentaire aux seuls enfants, d'organiser en complément un projet de distribution d'argent aux familles. »

Rendre les mères plus autonomes

Plus de 20 000 foyers vulnérables du district de Magaria ont ainsi pu être ciblés par ce programme qui a démarré en septembre 2011. Chaque mère reçoit une allocation mensuelle de 20 000 francs CFA, soit approximativement 40 dollars É.-U., pendant trois mois. Save the Children, une ONG partenaire de l'Unicef, dirige les opérations de distribution et travaille en étroite collaboration avec les responsables communautaires, afin de s'assurer que l'aide parvient aux plus démunis.

« Ces sont ces mères qui luttent au quotidien pour trouver de quoi nourrir leurs enfants et nous voudrions que ces femmes se prennent en charge, soient plus autonomes », ajoute Hélène Kouyaté, Responsable nutrition à l'Unicef. L'Unicef espère recevoir une aide des donateurs pour élargir le programme à d'autres régions du Niger en 2012. « Tous les partenaires qui ont contribué à faire de ce projet une réalité peuvent reproduire l'expérience », explique Hamid Diourro.

Un problème plus global, et sur le long terme

Cependant, la malnutrition chronique n'est pas un simple problème de nourriture insuffisante - il faut aussi considérer les faibles pratiques nutritionnelles, ainsi que l'accès insuffisant à l'eau potable et aux soins de santé, comme le note un rapport récent d'Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation. Pour parvenir à un succès à long terme, les interventions supplémentaires doivent répondre aux causes à l'origine de la malnutrition chronique, tout comme de la pauvreté et de l'injustice.

En attendant, les transferts d'argent atteignent ceux qui en ont le plus besoin, comme Halima Isaka et sa famille.

Soutenir nos actions

Inscrivez-vous

Suivez toutes les actualités de l'UNICEF