Changeons notre regard sur les enfants des bidonvilles !

Publié le 30 avril 2014 | Modifié le 22 décembre 2015

Sous le haut parrainage de l’UNICEF France, un colloque est organisé le 21 mai 2014 à Paris pour nous inviter à porter un regard nouveau, sans préjugés, sur les enfants roms vivant dans les bidonvilles. Parmi les plus vulnérables en France, ces enfants ont des droits qui ne sont pas toujours respectés. Stop aux discriminations !

Déconstruire les stéréotypes dans la tête des gens concernant les enfants roms. C’est l’objectif du colloque « Comment protéger les mineurs d’Europe de l’Est les plus vulnérables ? » organisé le 21 mai 2014 à la Halle Pajol à Paris par l’association « Hors la Rue ». En présence d’acteurs associatifs, d’experts, de sociologues et institutionnels, le colloque vise à sensibiliser les professionnels et le grand public sur les situations de grande vulnérabilité des enfants roms.
Les débats permettront de questionner les modalités d’intervention des acteurs concernés afin de dégager des pistes d’amélioration sur la prise en charge de ces enfants.
Les enfants des bidonvilles ont des droits qui ne sont pas toujours respectés. Les mêmes droits pourtant que ceux des autres enfants en France !

 

« Enfants des bidonvilles », la bataille sémantique

Lutter contre les stéréotypes passe inévitablement sur le champ de la bataille sémantique. En effet, le terme « enfants roms », communément utilisé, englobe des réalités diverses, et généralise des disparités qui existent aussi dans la précarité. Par ailleurs, la réalité de ces enfants est très différente entre les familles roms vivant dans les bidonvilles et les familles roms intégrées dans la société française, ou encore des populations non roms mais vivant dans des conditions similaires.
 
Deux termes sont préférables dans le langage courant : « mineurs d’Europe de l’Est », mais qui confine cette réalité à une zone géographique réduite, et surtout « enfants des bidonvilles », qui renvoie à la mémoire collective (comme les bidonvilles d’enfants algériens dans la France des années 60-70) et des images fortes des quatre coins du monde (les enfants des favelas au Brésil, des townships en Afrique du Sud, ou encore des bidonvilles de Calcutta et Bombay en Inde).
 
Ce changement de sémantique est primordial pour casser les préjugés sur les enfants roms, une expression à la fois péjorative, flou, et discriminatoire.

 

 

L’UNICEF défend les droits de tous les enfants en France !

Le fait que ces enfants vivent en bidonville rend leur situation spécifique du point de vue de la protection de l’enfance. Étrangers mais pas seuls, ils ne peuvent prétendre à la prise en charge pour cause de minorité et d’isolement. Or l’accompagnement à la parentalité dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative à domicile, qui permet aux parents de bénéficier du soutien des services de l’aide sociale à l’enfance, est très rarement mis en œuvre pour ces familles.
 
Les discours et les actions engagées par les pouvoirs publics ne doivent pas engendrer de stigmatisation ni de discrimination pour les enfants appartenant à ces communautés, qui sont déjà pour beaucoup en situation de grande précarité.
L’UNICEF France place cette préoccupation au cœur de son plaidoyer et plaide en faveur d’une politique nationale respectueuse des droits de tous les enfants vivant sur le territoire français. Avec une attention toute particulière en matière d’éducation et de santé pour les enfants des bidonvilles, parmi les plus vulnérables dans la société.
 
Garant de l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant, l’UNICEF veille au respect des droits fondamentaux des enfants des bidonvilles en rappelant la France à ses engagements.
 

 

 

Pour en savoir plus :
Le programme du colloque
Toutes nos actualités sur la thématique Roms
Roms en France : des initiatives locales pour les droits des enfants
Focus sur la ville d’Ivry-sur-Seine : « « Notre objectif : scolariser tous les enfants roms »

 

En savoir plus

Enfants des bidonvilles, combien sont-ils ?
 
En France, ils sont entre 8 000 et 12 000 enfants, selon les estimations, à vivre en bidonvilles ou en squats où la précarité de leurs conditions de vie les rend encore plus vulnérables. Victimes de discrimination, les enfants des bidonvilles sont aussi l’objet d’une attention politique et médiatique qui masque souvent la diversité de leurs situations.
On estime que plusieurs milliers d’enfants des bidonvilles ne sont pas inscrits à l’école de la République. Ces enfants ont pourtant droit à une éducation comme tous les enfants vivant sur le sol français. Pour certains d’entre eux, le droit à la santé, à la protection sociale et à un logement ne sont pas non plus respectés.

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