Choléra : au Yémen, cette maladie du passé est une réalité quotidienne

Publié le 30 janvier 2018 | Modifié le 31 janvier 2018

La guerre au Yémen a des conséquences dramatiques pour les enfants : faute d’eau et de nourriture, leur santé s’affaiblit et l’espoir s’amoindrit jour après jour.

Nous sommes au mois d’août et c’est déjà la deuxième fois cette année que Hameed, 12 ans, est hospitalisé au nord de Sanaa au Yémen à cause du choléra. Pour remédier aux effets dévastateurs de la maladie, les docteurs de l’unité de soins mise en place par l’UNICEF lui prescrivent des produits réhydratants. Hameed et sa famille espèrent que c’est la dernière fois que le jeune garçon sera infecté par le choléra. Mais depuis quelques années déjà, les murs de l’établissement hospitalier ne sont que trop familiers pour eux.

Fin 2014, Hameed a été gravement électrocuté par la chute d’une ligne à haute tension. Une tour de transmission s’est effondrée à cause de combats dans la région d’Amran, au nord-ouest de Sanaa. Le jeune garçon a failli en mourir. Son bras gauche a dû être amputé et il a subi 23 opérations chirurgicales. Son visage et son corps sont marqués par les cicatrices laissées par l’électrocution et son système nerveux a été considérablement endommagé. Ses défenses immunitaires sont également affaiblies, ce qui le rend bien plus vulnérable aux maladies.

« Je n'ai pas les moyens d'acheter des médicaments »

Pour le père de Hameed, il ne fait aucun doute que c’est à cause de cela que son fils a été atteint deux fois par le choléra, alors qu’aucun de ses autres enfants n’a été touché. Mais ce qui l’inquiète le plus, ce sont les effets à long terme de l’électrocution. Le jeune homme aurait besoin d’une transplantation à l’abdomen, et d’opérations chirurgicales supplémentaires, en plus de soins ophtalmologiques car Hameed perd la vue par intermittence. Dans un pays en guerre où tout manque, et où un enfant meurt toutes les deux minutes, le père est impuissant : « Je n’ai pas les moyens d’acheter des médicaments ou de payer pour les opérations, explique-t-il. Je n’ai même pas assez pour payer le transport jusqu’à l’hôpital. »

Le père de Hameed est enseignant et emmène son fils à l’école quand son état de santé le lui permet. Le jeune homme espère qu’un jour, il pourra lui aussi être professeur. « Je veux guérir », affirme-t-il, plein d’espoir.