Christina, née en bonne santé grâce à… des SMS !

Publié le 06 juin 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Jusqu’en 2010, le Rwanda avait l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde , et 10% des enfants mourraient avant leur 5e anniversaire… Le petit village reculé de Kibingo, dans le nord du pays, n’était pas épargné, mais aujourd’hui, grâce au système « Rapid SMS », plus aucun décès n’est à déplorer ! Philomène a bénéficié de ce service pour sa petite Christina et nous raconte son histoire.

« Un jour, une femme du village, animatrice de santé, est venue me voir et m’a conseillé d’aller me faire examiner : elle pensait que j’étais enceinte. J’ai refusé, mais elle est revenue la semaine suivante, et m’a convaincue… Elle avait raison, j’étais bien enceinte. A partir de ce moment là, elle m’a accompagnée toute ma grossesse. »

Assise sur une chaise devant sa petite maison, Philomène échange un regard complice avec Marie, 49 ans, l’animatrice de santé en question. Dans les bras de sa mère, la petite Christina regarde avec un grand intérêt ce qui se passe autour d’elle.

« Mes deux précédents accouchements à la maison avaient été très difficiles »

« Pendant 9 mois, Marie est venue régulièrement me voir, avec un téléphone portable et des papiers, continue Philomène. Elle s’assurait de ma bonne santé, m’encourageait à aller aux visites médicales, et je la voyais pianoter sur le téléphone et recevoir des réponses. Le jour J, quand j’ai senti que j’allais accoucher, mon mari l’a prévenue, elle a tout de suite envoyé un message d’urgence avec le portable, et une ambulance est venue immédiatement me chercher pour m’emmener à l’hôpital ! Pour mes deux autres enfants, il n’y avait pas le Rapid SMS, j’avais dû accoucher à la maison… Cela avait été très, très difficile. »

Depuis l’accouchement, l’animatrice de santé continue de rendre visite à Philomène et Christina.
Elle prend la température de la petite fille, fait un rapide examen clinique pour voir si tout va bien, s’assure qu’elle se rend bien au centre de santé pour faire ses vaccins, etc. En cas de signes alarmants, elle envoie un SMS et l’enfant est immédiatement envoyé à l’hôpital pour être pris en charge.

Plus un seul décès depuis !

« Je suis animatrice de santé du secteur depuis 2010, explique Marie. J’habite ici et suis moi-même maman, je sais ce que c’est d’accoucher dans un village reculé, et j’ai vu tellement de mamans et de bébés mourir… Alors j’ai eu envie d’aider les autres mères. Entre femmes de la communauté, c’est facile, on se parle facilement, on se comprend. Les mères se confient à moi, et elles ont confiance, alors elles m’écoutent quand je leur dis qu’il est important d’aller accoucher à l’hôpital. Depuis que je suis animatrice de santé, aucune maman n’a accouché à la maison ! »

Grâce à un code unique pour chaque maman, et une série de codes pour les différents problèmes que pourraient rencontrer les mères, Marie envoie des SMS à un serveur qui centralise toutes les données reçues. Au total dans le district de Musanze, 450 agents ont été formés, dont 22 superviseurs et 432 animatrices de santé, soit une par village. Les données reçues sont consultables par les centres de santé et les hôpitaux du secteur, afin qu’ils puissent faire un suivi de toutes les mamans enceintes (environ 14 000 par an !) et réagir le plus rapidement possible en cas de besoin. Un système rendu possible grâce à la très bonne couverture du réseau de téléphonie mobile, qui permet de donner accès aux soins même dans les villages les plus reculés… Et grâce auquel plus aucun décès de maman en couches ou au cours de la grossesse n’est survenu depuis 2010 dans le district de Musanze !
 

 

 

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50 € = par exemple 60 stéthoscopes obstétricaux pour écouter les battements du cœur d’un bébé dans le ventre de sa mère

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Au Rwanda…

383 femmes sur 100 000 meurent chaque année à cause de complications pendant la grossesse ou lors de l’accouchement. Ce chiffre a baissé de moitié depuis 2005 (750 décès)

154 000 enfants meurent chaque année avant leur 5e anniversaire, majoritairement dans les zones rurales et la plupart du temps de causes évitables.

 

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