Comment apporter eau et hygiène aux milliers d’enfants rohingyas ?

Publié le 31 août 2018 | Modifié le 05 septembre 2018

Chaque jour, l’UNICEF et ses partenaires s’efforcent d’approvisionner en eau potable des centaines de milliers d’enfants dans les camps de réfugiés rohingyas.

On trouve de l’eau propre et saine au camp de réfugiés d’Unchiprang. Situé au Bangladesh, il abrite plus de 22 000 Rohingyas dont la survie dépend notamment de cette eau. Celle-ci provient d’une source située dans les montagnes, mais ce sont les traitements et les filtres mis en place par l’UNICEF et ses partenaires qui la rendent potable. Pour que les enfants puissent boire en toute sécurité, les sédiments et la boue sont retirés et des pastilles de chlore sont utilisées pour purifier l’eau. Dans ce camp, 300 000 litres d’eau sont pompés, stockés puis répartis dans un réseau de 27 points d’eau pour répondre aux besoins de la population.

L'eau, un défi majeur

Dans la plupart des autres camps, ce sont les nappes phréatiques qui sont mises à contribution. Des puits ont été creusés et des canalisations installées pour pomper l’eau jusqu’à la surface. Sur les 8000 points d’eau ainsi mis en place, 80% fonctionnent. Les autres sont à sec ou ont été contaminés et ne sont donc plus utilisables.

Bibi Achya a 10 ans, il va puiser de l'eau deux fois par jour pour sa famille

Pour l’UNICEF, fournir une eau saine à l’ensemble des réfugiés présents dans les camps est un défi majeur. « Les réfugiés et les communautés aux alentours ont besoin de plus de 16 millions de litres d’eau tous les jours pour boire, cuisiner et se laver », explique Rafid Salih, un expert de l’UNICEF sur les questions d’eau et d’hygiène. Dans le même temps, il faut assurer l’entretien et la mise en place de 50 000 latrines.

Préserver l'hygiène pour éviter les maladies

La présence de latrines est indispensable pour empêcher des maladies comme le choléra de se répandre. Elles sont incontournables pour assurer un minimum d’hygiène dans ces camps surpeuplés. Elles doivent être vidées régulièrement et des réfugiés y travaillent tous les jours. « C’est difficile, mais grâce à nous, les gens n’ont plus à se rendre dans la jungle pour faire leurs besoins, estime Hamid Hasina. L’odeur est nauséabonde, mais au bout d’un moment, on s’y habitue. Avec mon salaire, je peux acheter du poulet, du poisson et des légumes pour ma famille. »

Les réfugiés qui effectuent ces tâches sont rémunérés par l’UNICEF et l’armée du Bangladesh à hauteur de 10 euros par jour. Cette mission est extrêmement pénible et requiert de transporter à pied, sous un soleil battant, de lourdes charges. Beaucoup n’assurent cet emploi que pendant quelques mois.

Des réfugiés, payés en partie par l'UNICEF, vident quotidiennement les latrines

Avec les inondations liées à la mousson, plusieurs latrines ont débordé. Pour pallier ce problème, les futures latrines seront désormais renforcées par une base en ciment et recouvertes d’un toit en tôle pour que la pluie n’y entre pas. C’est un charpentier rohingya, Mohammed Wasiullah, qui a dessiné les plans de 80 de ces latrines.

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