COVID-19 : arrivée du premier lot de vaccins en Haïti

Publié le 15 juillet 2021

Déclaration de Jean Gough, directrice régionale d'UNICEF pour l'Amérique latine et les Caraïbes

Panama City, le 14 juillet 2021 - « Jusqu'à hier, Haïti était le seul pays des Amériques à ne pas avoir reçu une seule dose de vaccin COVID-19. Aujourd'hui, 500 000 doses de vaccin données par le gouvernement américain par l'intermédiaire de la COVAX ont atterri à Port-Au-Prince, la capitale d'Haïti.

Au cours des cinq premiers mois de cette année, le nombre de cas et de décès dus au COVID-19 a presque doublé en Haïti. Au milieu de cette récente recrudescence, chacune de ces 500 000 doses apporte un espoir à ce pays des Caraïbes, surtout en ces temps où la violence urbaine accrue menace le bien-être des enfants et des familles.

Le pays fait face à un cruel manque de doses

Grâce à ce don, des centaines de milliers d'Haïtiens vont pouvoir être vaccinés contre la COVID-19. Pourtant, malgré les efforts collectifs pour lancer prochainement la campagne de vaccination, la majorité de la population haïtienne risque de ne pas être vaccinée en raison de la disponibilité limitée des doses actuellement dans le pays.

Nous espérons que ce premier don de doses sera suivi d'autres. D'autres dons en provenance de pays bien approvisionnés seront nécessaires pour qu'Haïti et d'autres pays d'Amérique latine et des Caraïbes puissent atteindre les personnes les plus vulnérables à l'infection par la COVID-19.

Partout dans le monde, le déploiement d'une campagne de vaccination à grande échelle contre la COVID-19 est une tâche ardue. Mais dans le contexte haïtien actuel, ce sera une bataille difficile pour nos équipes dans les semaines et les mois à venir.

Faire face aux obstacles

Lorsque des gangs se tirent dessus dans les rues, transporter chaque jour des vaccins en toute sécurité d'un centre de santé à l'autre est une victoire. Sans électricité fiable, maintenir au frais un grand nombre de doses de vaccins tout au long du voyage relève de l'exploit.  

Pour accélérer la prochaine campagne de vaccination COVID-19, UNICEF a travaillé jour et nuit pour améliorer le transport, augmenter la communication de masse et renforcer la chaîne du froid dans tout le pays. Dans presque tous les centres de santé d'Haïti, nos équipes ont installé des réfrigérateurs solaires pour conserver les vaccins à la bonne température - plus de 900 au total.  

Dans le contexte d'Haïti où l'hésitation à se faire vacciner est élevée, atteindre les communautés avec des doses de vaccins ne garantit pas qu'elles veuillent se faire vacciner. Selon les résultats préliminaires d'une étude de perception soutenue par UNICEF et menée par l'Université d'Haïti en juin, seuls 22 % de l'ensemble des Haïtiens accepteraient d'être vaccinés. 

Avec les autorités haïtiennes, l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et d'autres partenaires, UNICEF s'engage à faire des efforts supplémentaires pour répondre au besoin de vaccins tant attendu en Haïti jusqu'à ce que les groupes les plus vulnérables de la population soient protégés contre le COVID-19.

L'insécurité du pays : un frein majeur aux opérations humanitaires

Alors que les vaccins ont touché le sol à l'aéroport de Port-au-Prince, notre travail le plus difficile sur le terrain n'a pas encore commencé. Si chacune de ces 500 000 doses n'arrive pas rapidement et en toute sécurité dans les bras des Haïtiens, les vaccins contre la COVID-19 ne permettront pas de sauver des vies haïtiennes et de freiner la propagation de la pandémie dans les Amériques.

En juin dernier, la violence urbaine entre groupes armés s'est intensifiée dans plusieurs quartiers de la capitale lors d'un pic de cas de COVID-19. Plus de 15 000 femmes et enfants ont désormais été contraints de fuir leur domicile. L'insécurité croissante et les affrontements entre gangs ont sérieusement entravé les opérations humanitaires dans la périphérie de Port-au-Prince.