Conférence AIDS 2012 : "Le début de la fin de l’épidémie de Sida" ?

Publié le 02 juillet 2012 | Modifié le 04 janvier 2016

Du 22 au 27 juillet 2012 à Washington DC se tiendra une grande conférence internationale sur le Sida, qui réunira scientifiques, politiques et société civile. Placée sous le signe des innovations, tant technologiques que dans les approches, elle sera également centrée sur les enfants et les adolescents, éléments-clés de la lutte contre le Sida. Craig McClure, Chef de la section Sida de l’UNICEF à New-York, répond à nos questions.

 

 

Cette conférence a lieu tous les deux ans, mais 2012 marque un tournant historique…

 

Les grandes étapes de la lutte contre le Sida ont été balisées par les différentes éditions de cette conférence. En 1996 à Vancouver, c’était le constat « nous pouvons désormais proposer un traitement et contrôler la maladie » ; en 2000 à Durban, c’était le début de l’accès des pays pauvres aux traitements. Cette année à Washington, pour la première fois, nous pouvons dire « nous sommes au début de la fin de l’épidémie de Sida », après 20 ans de négligence et 10 ans d’action… C’est en effet un tournant historique ! Le fait qu’elle se déroule aux Etats-Unis est également chargé de sens : depuis 22 ans, les personnes vivant avec le VIH étaient interdites d’entrée sur le territoire américain… Interdiction récemment levée par le Président Obama.

 

Où en est-on aujourd’hui de la lutte contre le Sida chez les enfants ?

 

Les progrès réalisés sont énormes (on arrive par exemple dans certains pays à éliminer la transmission du virus de la mère à son bébé !) mais il reste beaucoup à faire : aujourd’hui encore dans le monde, plus de 1000 enfants sont infectés chaque jour par le virus, et 2,2 millions d’adolescents entre 10 et 19 ans vivent avec le VIH… Il reste moins de 4 ans pour atteindre les objectifs que s’est fixés la communauté internationale, notamment l’OMD 6 « Combattre le VIH / Sida », et ceux liés, les OMD 4 et 5, « Réduire la mortalité infantile » et « Améliorer la santé maternelle ». Cette conférence est un appel urgent à l’action pour accélérer la lutte et parvenir au but… Une génération sans Sida est aujourd’hui à portée de main !

 

Quelles sont les nouvelles opportunités abordées lors de cette conférence ?

 

Sans innovation et sans simplification des produits et des stratégies, les objectifs seront difficiles à atteindre... Le rôle de la science et des innovations aura donc une place centrale pendant les échanges. En matière d’innovations scientifiques et technologiques, on peut citer la simplification des traitements, l’utilisation des SMS pour permettre un suivi par téléphone portable de la santé des femmes et enfants pris en charge, l’utilisation des antirétroviraux comme moyen de prévention (pour les couples séro-discordants notamment), les machines de diagnostics qui peuvent fonctionner dans des centres de santé situés dans des zones reculées dépourvues d’électricité… Par ailleurs, des approches innovantes seront également discutées : inscrire la lutte contre le sida dans une approche intégrée de santé globale, impliquer davantage les communautés, et notamment les hommes, dans la santé maternelle et infantile, etc.
Mais l’une des priorités de l’UNICEF, c’est aussi de renforcer la prévention chez les adolescents et les jeunes afin d’éviter de nouvelles infections, et faire que l’objectif « d’accès universel aux traitements » soit atteint également pour cette tranche d’âge.

 

Qu’attendez-vous du nouveau gouvernement Français, en matière de lutte contre le Sida des enfants ?

 

La France est l’un des leaders de la recherche sur le Sida, et un acteur engagé de la lutte, à travers notamment l’Institut Pasteur, Sidaction, Esther, l’ANRS… Le gouvernement Français et l’UNICEF souhaitent renforcer leur collaboration, notamment pour soutenir les pays d’Afrique francophones dans la lutte contre l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

 

La crise économique et financière a-t-elle un impact sur la lutte mondiale ?

 

Oui, indéniablement. Le déclin des financements menace les progrès déjà réalisés, et risque d’entraver notre capacité à prévenir les nouvelles infections dans le futur… Il faut donc prioriser les interventions qui ont prouvé la meilleure efficacité, atteindre les enfants que l’on n’a pas atteints jusque-là, et renforcer la mise en place d’une approche de santé intégrée : il faut voir l’enfant dans sa globalité (et non uniquement à travers le VIH / Sida) en répondant à tous ses besoins et ceux de sa famille (santé, nutrition, éducation, hygiène). Ainsi, nous lutterons plus efficacement contre l’épidémie de sida. Mais le soutien du grand public est également capital…
 

En savoir plus

  Web-documentaire Comment faire pour qu’une mère ne transmette pas le virus à son enfant ? La réponse au Rwanda, à travers six histoires d’enfants.
 

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