Conférence sur le sida : passer aux actes en faveur des enfants

Publié le 17 août 2006 | Modifié le 06 juillet 2015

La mobilisation mondiale contre la propagation du VIH/sida n'a jamais été aussi importante mais il faut faire encore davantage afin de protéger les plus jeunes et les plus vulnérables : c'est ce qui ressort de la XVIe conférence internationale sur le VIH/sida qui se déroule à Toronto, en présence de 24 000 délégués venus de quelque 170 pays, dont plus de 1000 jeunes.

En ouverture de la conférence bisannuelle, appelée également Sida 2006, Bill Gates et son épouse Melinda ont déclaré qu'ils revenaient depuis peu d'une tournée en Afrique avec un sentiment nouveau d'optimisme, mais ils ont reconnu qu'il fallait en faire plus afin d'empêcher que les enfants et les femmes ne soient contaminés par le virus.

« À présent, le programme ABC - Abstain, Be faithful, use Condoms (abstinence, fidélité, préservatifs) - correspond à l'une des approches les plus largement répandues de la prévention. Cette approche a sauvé de nombreuses vies et nous devrions lui donner une plus grande diffusion. Mais pour beaucoup de ceux qui sont le plus exposés au virus, le programme ABC a ses limites », a dit Bill Gates en étant largement applaudi.

« Les femmes pauvres et les jeunes filles qui n'ont d'autre choix que de se marier très jeunes ont rarement l'abstinence en option, a-t-il ajouté. La fidélité ne sera pas une protection pour la femme dont le mari est infidèle. Et la femme ne peut décider elle-même d'utiliser des préservatifs, ceci dépend de l'homme ».

L’Unicef reconnaît cependant le rôle essentiel du préservatif dans la prévention des maladies sexuellement transmissibles et du VIH, et en fait la promotion comme l’un des moyens les plus sûrs pour se protéger. L’Unicef n’en distribue pas puisqu’au sein des agences onusiennes, cette activité fait partie du mandat de l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population), mais l’Unicef n’en reste pas moins convaincu de la nécessité pour le préservatif d’être plus largement disponible.

Pour sa part, le Gouverneur général du Canada, Michaëlle Jean, a rappelé que "toutes les 15 secondes un jeune est infecté". "La situation est épouvantable, a-t-elle ajouté. Nous devons agir maintenant ".

Le Directeur exécutif d'Onusida, le Dr Peter Piot, a renchéri : « On peut faire tellement plus, notamment en ce qui concerne la prévention et les jeunes ».

Dans ce domaine, rappelons que l’Unicef soutient l’acquisition d’aptitudes à la vie quotidienne, au travers de programmes qui vont au-delà de l’éducation sexuelle et qui encouragent chez les jeunes l’esprit critique, la résolution des conflits et la communication, afin de les aider à protéger leur santé. Des témoignages tirés d’études sur des programmes menés dans 16 pays indiquent que ce genre d’activité, ainsi que l’éducation sur le sida et la sexualité n’encouragent pas une activité sexuelle accrue. Au contraire, cette démarche retarde le premier rapport sexuel et protège les jeunes sexuellement actifs des infections, notamment de celle du VIH.

Dimanche 13 août, la Directrice générale adjointe de l'Unicef, Rima Salah, avait inauguré le stand Unissons-nous pour les enfants contre le sida au niveau du « village global » (un espace d’échange ouvert aux différents participants en marge de la conférence). Mme Salah a appelé les dirigeants du monde à agir pour avoir une « génération débarrassée du sida ».

Elle a précisé également : « Malgré l'ampleur du problème, les visages d'enfants sont encore largement absents des rapports sur les résultats positifs qui commencent à apparaître dans le combat mondial contre le VIH/sida ».

Il n'avait jamais été organisé jusqu'à présent de réunion de l'ampleur de celle de Toronto. Le thème de la conférence, « Passons aux actes », met l'accent sur l'urgence d'une prévention, de soins et d'un traitement efficaces contre le VIH, et sur la nécessité d'une responsabilité accrue de la part des individus, des gouvernements, des ONG et des organisations du système des Nations unies.

Les délégués de l'Unicef consacrent la semaine qui vient à faire en sorte que les enfants et les jeunes figurent dans les priorités de la lutte contre le sida, en insistant en premier lieu sur l’accès aux traitements pédiatriques.

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