Corne de l’Afrique : « Ce n’est pas le moment de baisser les bras »

Publié le 12 janvier 2012 | Modifié le 31 mars 2016

En ce début d’année 2012, la crise nutritionnelle et alimentaire qui sévit dans la Corne de l’Afrique affecte encore plus de 13,3 millions de personnes dans plusieurs zones du Kenya, de l’Éthiopie, de la Somalie et de Djibouti. Malgré une intervention actuellement freinée en Somalie, en raison d’une insécurité grandissante, notre organisation poursuit ses programmes sur l’ensemble de la région. 4 questions à Elhadj As Sy, directeur régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’Est et du Sud.

 

 

Quel bilan faites-vous des actions menées par l’Unicef ?

Les interventions de l’Unicef ont permis de sauver des milliers et des milliers de vies. En 2011 en Somalie, plus de 380 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ou modérée ont été pris en charge dans les 1 100 centres nutritionnels mis en place avec le soutien de l’Unicef. Avec nos partenaires, nous avons également assuré l’approvisionnement en eau potable de près d’un million de personnes.

Au-delà des vies sauvées, il y a d’autres exemples de l’impact positif de nos actions : en matière d’éducation par exemple, l’Unicef finance la construction de salles de classe et d’espaces éducatifs temporaires sous tentes, ce qui a permis le maintien ou le retour à l’école de 420 000 enfants, dont 180 000 filles.

Enfin, nos interventions ont été tout aussi déterminantes dans les camps de réfugiés du Kenya, d’Ethiopie et de Djibouti où ont afflué des dizaines de milliers de Somaliens fuyant la violence et la famine.

 

L’insécurité en Somalie réduit-elle notre capacité d’intervention ?

Fin 2011, l’Unicef a dû évacuer ses équipes du sud et du centre du pays à la demande des milices Al-Shebaab. En raison de ces restrictions, nous ne pouvons par exemple plus accéder aux zones que traversent les personnes fuyant les combats pour rejoindre les camps éthiopiens et kenyans, pour leur porter assistance. 
Mais le centre et le sud de la Somalie ne représentent qu’une partie de notre intervention. Nous sommes toujours présents partout ailleurs dans le pays avec une équipe de 180 personnes pour lutter contre la malnutrition, améliorer l’accès de la population à l’eau et à l’assainissement, soutenir l’éducation ou encore mettre en œuvre des mesures de protection des enfants.
 

 

Quelle est aujourd’hui la situation dans les camps de réfugiés ?

Par rapport à l’été dernier, le rythme des arrivées dans les camps du Kenya et d’Éthiopie s’est nettement ralenti. C’est particulièrement vrai pour les camps de Dadaab, au Kenya, en raison des combats de l’autre côté de la frontière. Les Somaliens qui parviennent encore à fuir se dirigent plutôt vers Dollo Ado, en Éthiopie, où l’on comptait en décembre 120 nouveaux arrivants par jour en moyenne.

La difficulté, c’est que les 5 camps de Dollo Ado abritent déjà plus de 140 000 réfugiés, au-delà de leur capacité d’accueil théorique maximale. A cause de cette surpopulation, de l’état de santé dégradé des réfugiés à leur arrivée et des mauvaises conditions et pratiques sanitaires dans les camps, une récente enquête de l’Unicef a révélé des taux de malnutrition très élevés, notamment dans 2 des camps de Dollo Ado. Notre organisation y a donc renforcé ses activités, en particulier en matière de nutrition, d’eau et d’assainissement.

 

Quel est le message à faire passer à nos internautes et donateurs ?

Il faut rester vigilant, ce n’est pas le moment de baisser les bras. Cette crise humanitaire est sans précédent, humainement inacceptable, mais on a fait une différence en scolarisant des enfants, en les vaccinant, en créant des espaces amis des enfants… Nos programmes ont permis de sauver des dizaines de milliers de personnes. Ce qui nous encourage à continuer sur le terrain, c’est de voir arriver des enfants au bord de la mort et de les revoir, quelques semaines plus tard, de nouveau gambader avec les autres enfants ! C’est grâce à la générosité et à la mobilisation de tous que l’Unicef a pu mener toutes ces actions en 2011. Et en 2012, nous aurons encore besoin de ce soutien.

En savoir plus

En Somalie, les besoins de l’Unicef s’élèvent à plus de 225  millions d'euros.
Au Kenya, ils s’élèvent à plus de 36 millions d’euros.
En Éthiopie, ils s’élèvent à plus de 45 millions d’euros.
À Djibouti, ils s’élèvent à plus de 6 millions d’euros.

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