Corne de l’Afrique : Premier bilan

Publié le 28 mars 2012 | Modifié le 31 mars 2017

Juillet 2011. Les projecteurs se braquent sur la Corne de l’Afrique. Les organisations humanitaires bénéficient alors de la visibilité offerte par les médias, réactifs à ce type d’actualité pendant l’été. Si aujourd’hui le sujet n’est plus sur le devant de la scène, la crise humanitaire qui sévit dans cette région d’Afrique de l’est est loin d’être terminée. Bilan de la situation, neuf mois après le plus fort de l’urgence.
 

 

 

De la phase la plus critique de l’urgence…

Silencieusement, progressivement, les effets de la plus longue sécheresse jamais enregistrée depuis 60 ans dans la Corne de l’Afrique se sont fait ressentir au printemps 2011. Petit à petit, une crise alimentaire et nutritionnelle s’est installée dans quatre pays de la Corne de l’Afrique : le Kenya, l’Éthiopie, la Somalie et Djibouti.

Pour plus de 13 millions de personnes, dont plus de 3 millions d’enfants, cette sécheresse a tourné au cauchemar. Comme des inondations, une sécheresse prolongée est synonyme de catastrophe naturelle. Celle-ci a rapidement entraîné la hausse des prix des denrées alimentaires. Conjuguée à l’insécurité qui règne en Somalie, cette crise a débouché sur la déclaration d’une situation de famine, pendant plusieurs mois dans six zones du sud de ce pays, et engendré de grands mouvements de populations, à l’intérieur même de la Somalie ainsi que vers l’Éthiopie et le Kenya.

Dès le mois de juillet 2011, l’Unicef a lancé un appel de fonds de plus de 22 millions d’euros pour mettre en place des programmes d’urgence (eau et assainissement, nutrition, vaccination…) et apporter au plus vite le matériel adapté.

… à la situation actuelle

Grâce à la forte mobilisation de l’Unicef et de ses partenaires, plus de 340 000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont été sauvés, plus de 7 millions d’enfants ont été vaccinés et plus de 3 millions de personnes ont désormais accès à des sources améliorées d’eau potable. Enfin, 64 000 tonnes de matériel ont été envoyées (dont 70 % ont été distribuées en Somalie). Tous les efforts des acteurs humanitaires ont notamment permis de faire baisser les taux de malnutrition aiguë sévère de 37% à 13% dans la région de Turkana au Kenya. En Éthiopie, le programme de santé s’est étendu à tout le pays, grâce à des équipes mobiles formées à la santé et à la nutrition. Et désormais, 99% des zones qui souffrent d’une insécurité alimentaire chronique ont accès au traitement adapté de la malnutrition aiguë sévère.

Malgré de nombreuses avancées, la transition de l’urgence à une normalisation de la situation se fera par étapes. Au Kenya, par exemple, les taux de malnutrition aiguë sévère de la région de Mandara et de Wajir  sont toujours entre 25% et 30 %, alors que le seuil d’urgence fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est de 15 %. Aujourd’hui, les prix des denrées alimentaires dans toute la Corne de l’Afrique continuent à augmenter. Dans cette région où les plus affectés par la crise sont les ceux vivant dans les zones arides et semi-arides, la question des pluies reste une préoccupation permanente.

Aujourd’hui, si la famine a été écartée du sud de la Somalie, près de 10 millions de personnes ont toujours besoin d’une assistance humanitaire, sur l’ensemble de la Corne de l’Afrique. Pour les ménages qui ont vendu leurs biens, leurs terres et perdu tout leur bétail, le retour à la normale prendra du temps. Pour permettre cela, les acteurs humanitaires travaillent à l’amélioration de la situation sur le plus long terme. C’est pourquoi des moyens durables doivent être mis en œuvre pour faire face à d’autres crises à l’avenir. Seul le soutien des donateurs permettra à l’Unicef de continuer à venir en aide aux personnes les plus affectées.

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