Côte d’Ivoire : 20 ans après la Convention des droits de l’enfant

Publié le 02 septembre 2009 | Modifié le 31 mars 2016

Cette année, la Convention internationale des droits de l'enfant a 20 ans. Cap sur la Côte d’Ivoire, où les équipes de l’Unicef se mobilisent pour la survie, l’éducation et la protection des enfants. Le conflit qui a coupé le pays en deux de 2002 à 2006 a eu des répercussions sur la condition des enfants.

Après l’effondrement du système sanitaire

Au début des années 2000, la Côte d’Ivoire a connu un conflit interne qui a gravement affecté les enfants. « Après le coup d’Etat de 1999 et la partition du pays en 2002 - entre le nord contrôlé par les rebelles et le sud par le gouvernement- le secteur de la santé a beaucoup souffert, explique Sylvie Dossou, représentante adjointe de l’Unicef à Abidjan. Le personnel soignant a fui la zone nord, le taux de mortalité infantile a donc beaucoup augmenté. » Cet effondrement du système sanitaire a entraîné la résurgence de maladies comme la polio mais aussi une hausse des cas de malnutrition. « Aujourd’hui encore, sur 1000 enfants, 127 meurent avant leurs cinq ans, poursuit Sylvie Dossou. Quant à la mortalité maternelle, elle reste également très élevée dans le pays. »

Un enfant sur deux n’a pas accès à l’école primaire

Le conflit a également affecté le système scolaire. « Certaines communautés ne disposent toujours pas d’écoles dans lesquelles inscrire leurs enfants, se désole Sylvie Dossou. De nombreux établissements ont été détruits pendant le conflit. » 150 écoles ont donc été réhabilitées par l’Unicef en 2008. Il faut aussi militer sur le terrain pour que les filles aillent en classe. « En 2000, 62% des fillettes allaient à l’école, puis seulement 51% en 2006, souligne Sylvie Dossou. La population s’est beaucoup appauvrie ces dernières années, les dépenses pour l’éducation sont donc les premières à être réduites par les familles. »

Des violences sexuelles en hausse

« Nous assistons ces dernières années à une hausse significative des violences sexuelles sur les femmes au nord du pays, rapporte Sylvie Dossou. Beaucoup d’hommes armés circulent dans ces zones, les femmes victimes ont honte de parler. Les tribunaux ne fonctionnent pas correctement et il règne donc un véritable climat d’impunité. » 21% des femmes vivant dans le nord auraient ainsi subi des violences sexuelles et seulement 8% d’entre elles ont bénéficié de soins et d’aide psychosociale. « Nous poursuivons notre travail d’accompagnement et de prévention. Un travail de longue haleine. Mais pour le moment, les résultats sont assez faibles par rapport aux besoins. »

Le droit à l’identité n’est pas respecté

Depuis 2002, de nombreux centres sociaux ou mairies ne fonctionnent plus correctement. Toutes les naissances ne sont donc pas enregistrées. Les répercussions sur les droits de l’enfant sont graves: de l’enregistrement dépend souvent la vaccination, la scolarisation et la plupart des services de base. Pour passer le certificat d’études, un élève ivoirien doit présenter son bulletin de naissance. «Au niveau national 45% des naissances ne sont pas enregistrées et dans certaines zones du nord, cette statistique atteint parfois 77%, pointe Sylvie Dossou. Le droit à l’identité n’est donc pas respecté. Il faut résoudre ce problème au plus vite : rappelons-nous que les rebelles avaient pris les armes en partie parce que leur citoyenneté était remise en cause.»

Une avancée : des enfants soldats libérés

Durant les conflits qui ont touché la Côte d’Ivoire, de nombreux enfants ont été enrôlés dans les forces armées. « Ils étaient 3 000 enfants soldats ainsi répertoriés, se rappelle Sylvie Dossou. Nous avons beaucoup travaillé pour leur libération et leur réinsertion dans la société civile.»
Il faut cependant rester vigilant. La situation pourrait s’envenimer au moment des élections présidentielles prévues pour novembre cette année.
 

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