Covid-19 : la pandémie n’arrête pas les catastrophes naturelles

Publié le 23 juin 2020

S’ajoutant à la pandémie de coronavirus et des mesures de confinement mises en place dans de nombreux pays, le changement climatique pourrait rendre les vagues de chaleur, les tempêtes tropicales et les incendies plus meurtriers cette année.

Alors que la France était confinée, de nombreux pays ont été touchés par des catastrophes naturelles aux conséquences dévastatrices.
Le cyclone Amphan en Inde et au Bangladesh, le cyclone Harold aux îles Fidji et Vanuatu ou encore la tempête tropicale Amanda au Salvador et en Honduras ont affecté des centaines de milliers de familles. Dans l’ombre de la Covid-19, ces catastrophes naturelles, amplifiées par le changement climatique, pourraient s’avérer plus dangereuses pour des millions d’enfants.

Des millions de familles vulnérables plongées dans l’incertitude

Début avril, le cyclone tropical Harold a eu des effets dévastateurs dans les îles du Vanuatu, les îles Salomon, les îles Fidji et le Royaume de Tonga. Causant la destruction d’habitations, d’écoles ou encore de centres de santé, le cyclone a aussi endommagé de nombreuses réserves d’eau potable et de nourriture.
Les îles du Vanuatu ont été les plus affectées par le cyclone, avec plus d’un tiers de la population et près de 20 000 enfants vivant dans une zone fortement touchée. Dans la seule province de Sanma, 90% des habitants ont perdu leur maison et 60% des écoles ont été détruites ou endommagées.

catastrophe naturelle

La tempête tropicale Amanda a touché le Salvador dès le 31 mai. Deux jours de pluie intense et continue ont causé le décès de 20 personnes dans la région dont un enfant, et affecté près de 23 000 familles, dont celle de Nidia Esmeralda Solano. Cette jeune salvadorienne de 25 ans a dû fuir sa maison en pleine nuit avec ses enfants alors que la rivière, sortie de son lit, avait déjà tout inondé.
« Nous sommes sortis de la maison pour sauver nos vies, il y avait déjà de l’eau partout. Il n’y avait rien à faire à part courir. Nous n’avons rien pu prendre, tout a été détruit, tout est perdu… », explique-t-elle. « Je ne sais pas de quoi sera fait notre avenir maintenant. Nous n’avons plus d’argent, plus rien, nous ne pouvons que demander de l’aide. » Comme Nidia et sa famille, au Salvador, 8 000 personnes ont perdu leur maison ou ont dû fuir en raison du danger, et sont hébergées dans des centres d’accueil d’urgence.

Des catastrophes naturelles encore plus dévastatrices

« Il est difficile d’imaginer une situation plus compliquée que la catastrophe du coronavirus, à laquelle s’ajoute le désastre d’un cyclone tropical », a déclaré le Représentant d’UNICEF dans la région du Pacifique, Sheldon Yett.
Le changement climatique intensifie la fréquence des événements climatique extrêmes. Les températures plus élevées en raison des émissions de carbones augmentent les risques d’apparition de cyclones, de vagues de chaleurs et d’incendies.
Ces événements pourraient s’avérer plus meurtriers cette année, révèlent des experts. En effet, les mesures normalement mises en place pour protéger les populations en cas d’urgence sont moins facilement accessibles en raison de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Par exemple, les refuges ou les centres d’hébergement d’urgence pourraient avoir une capacité d’accueil limitée en raison des mesures de distanciation sociale pour éviter la propagation du virus.
« Dans le contexte actuel du Covid-19, le cyclone Amanda a exacerbé les besoins et les vulnérabilités de nombreux enfants, qui vivent désormais dans la rue et ont perdu ce qu’ils possédaient, notamment leurs fournitures scolaires », a déclaré la Représentante d’UNICEF Yvette Blanco.

UNICEF toujours est présent auprès des enfants vulnérables

Malgré les nombreux défis posés par le coronavirus et le changement climatique, UNICEF redouble d’efforts pour venir en aide aux enfants et familles en attente d’assistance.

Dans les îles du Pacifique, UNICEF a travaillé avec les gouvernements pour atteindre les familles situées dans des zones difficiles d’accès, et a acheminé des fournitures essentielles dont de l’eau potable, des kits d’hygiène ou encore des équipements médicaux. Afin de garantir l’éducation de milliers d’enfants et leur permettre de retrouver une vie normale le plus rapidement possible, des livres et matériels scolaires ont été fournis.
Au Salvador, 80 centres d’hébergement ont été mis en place pour venir en aide à des centaines de familles sans maisons. Aujourd’hui, UNICEF travaille pour que les enfants les plus vulnérables aient accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement afin d’être protégés du coronavirus et de ses conséquences.