COVID-19 : les enfants déplacés de force ont besoin de plus de soutien que jamais

Publié le 22 avril 2020

Déclaration conjointe de Henrietta Fore, directrice générale de d’UNICEF, et de Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés

Genève/New York, le 20 avril 2020 – « Des millions d'enfants à travers le monde ont été chassés de leur foyer et de leurs frontières par les conflits, la violence et d'autres formes de préjudice - dont 12,7 millions de réfugiés et 1,1 million de demandeurs d'asile.

Avec la propagation rapide de la pandémie du COVID-19, les besoins des enfants réfugiés sont devenus encore plus aigus. Il est essentiel de répondre à ces besoins pour préserver leur bien-être actuel et leur potentiel futur.

Les enfants déplacés sont parmi ceux qui ont le moins accès aux services de prévention, aux tests, aux traitements et à d'autres aides essentielles. En outre, la pandémie et les mesures d'endiguement risquent d'avoir des conséquences négatives sur leur sécurité et leur éducation, qui étaient déjà précaires avant l'apparition de la maladie.

Aller à l'école était déjà un défi ou une impossibilité quotidienne pour de nombreux enfants déplacés dans le monde entier. Moins de la moitié des enfants réfugiés d'âge scolaire étaient scolarisés, ce chiffre tombant à 1 sur 4 pour l'école secondaire. Davantage d'enfants déplacés risquent maintenant de ne pas être scolarisés pendant une période prolongée et certains pourraient ne jamais revenir.

Dans certains cas, les enfants sont également privés de repas ou d'eau potable en raison de la fermeture des écoles. Il est probable que les taux de négligence, d'abus, de violence sexiste et de mariage d'enfants augmentent à mesure que les familles connaissent de nouvelles difficultés socio-économiques. Et il existe un risque croissant de stigmatisation et de préjugés, car le virus se propage au-delà des frontières et suscite la peur.

La pandémie risque de revenir sur les gains durement acquis qui avaient été réalisés en élargissant l'accès à la protection, aux soins de santé et à l'éducation des enfants réfugiés dans le monde entier.

Nous ne pouvons pas laisser cela se produire.

À l'heure où les besoins de soutien et d'attention se multiplient, la réponse à la pandémie doit inclure des engagements clairs en faveur de la protection et du bien-être des enfants déplacés de force.

En tant que HCR et UNICEF, nous nous sommes engagés à faire plus - et mieux - dans cette crise et au-delà pour les enfants réfugiés, leurs familles et leurs communautés, et ceux qui les accueillent.

Cet engagement s'aligne sur notre nouvelle initiative - le Plan d'action conjoint - lancée par nos deux organisations en janvier 2020 pour élargir l'accès des enfants réfugiés à la protection, à l'éducation, à l'eau et aux services d'assainissement dans un premier groupe de pays prioritaires.

Faire plus et mieux

Nous nous sommes engagés à travailler ensemble pour transformer la qualité de vie des enfants réfugiés et de leurs familles en doublant le nombre d'enfants réfugiés et rapatriés ayant accès à l'éducation ; en veillant à ce qu'ils puissent avoir accès à des services d'eau et d'assainissement propres, durables et respectueux de l'environnement ; en répondant aux préoccupations en matière de protection et en assurant des services d'intervention de qualité et adaptés aux enfants ; et en identifiant les obstacles à l'inclusion dans les systèmes nationaux.

Le HCR et UNICEF collaborent dans plus de 40 pays à travers le monde et nous travaillons ensemble pour que les engagements pris en faveur des enfants dans le cadre du Pacte mondial pour les réfugiés se concrétisent. Nous continuerons à fournir le meilleur soutien possible à tous les enfants réfugiés pendant la pandémie de COVID et au-delà, et nous invitons instamment les gouvernements et la communauté internationale à se joindre à nous dans ces efforts.

Comme tous les enfants du monde, les enfants réfugiés méritent d'avoir une chance équitable dans la vie et de voir leurs droits pleinement réalisés. Bien que leur vie ait été bouleversée par la violence, le déplacement et maintenant une pandémie, leurs chances d'avoir un avenir digne seront renforcées s'ils ont un accès équitable au soutien et aux services dont ils ont besoin. »

 

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