COVID-19 : nouvelle flambée meurtrière en Asie du Sud

Publié le 05 mai 2021

Déclaration de George Laryea-Adjei, directeur régional d'UNICEF pour l'Asie du Sud

Katmandou/Paris, le 4 mai 2021 - « Les scènes auxquelles nous assistons en Asie du Sud ne ressemblent à rien de ce que notre région a connu auparavant. Les membres des familles des patients implorent de l'aide alors que la région souffre d'une grave pénurie d'oxygène pour les soins médicaux. Les agents de santé épuisés sont au bord de l'effondrement. Il est à craindre que nos systèmes de santé soient mis à rude épreuve, ce qui entraînera de nouvelles pertes de vies humaines.

Une action urgente et un engagement sans faille sont indispensables pour arrêter la catastrophe. Les gouvernements doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour arrêter la dévastation, et les partenaires qui sont en mesure d'envoyer de l'aide doivent le faire immédiatement. La communauté internationale doit intervenir sans délai. Il ne s'agit pas seulement d'un impératif moral. La nouvelle flambée meurtrière en Asie du Sud nous menace tous. Si elle n'est pas stoppée au plus vite, elle risque de réduire à néant les avancées mondiales durement acquises contre la pandémie.

Aucun d'entre nous n'est en sécurité tant que nous ne le sommes pas tous

N'oublions pas notre responsabilité individuelle. Chaque décision que nous prenons est susceptible de modifier le cours de cette vague et de préserver ou de mettre en danger la vie de ceux qui nous entourent. Nous sommes peut-être épuisés, mais le virus ne l'est pas encore. Plus que jamais, nous devons nous engager à porter des masques, à nous laver les mains au savon aussi souvent que possible, à garder une distance physique et à nous faire vacciner si nous en avons la possibilité.

Les très faibles niveaux de vaccination en Asie du Sud amplifient la probabilité que le virus devienne encore plus incontrôlable. Dans presque tous les pays de la région, à l'exception des Maldives et du Bhoutan, moins d'une personne sur dix a été vaccinée. Aujourd'hui plus que jamais, nous devons veiller à ce que les vaccins atteignent équitablement toutes les populations. La fabrication doit être accélérée, la technologie mutualisée et les doses équitablement partagées. Aucun d'entre nous n'est en sécurité tant que nous ne le sommes pas tous.

Alors que nous nous efforçons de répondre à l'urgence de santé publique, nous ne pouvons oublier les profondes répercussions de la pandémie sur les enfants. Les enfants sont plus nombreux que jamais à être directement touchés par la maladie. Ils perdent leurs parents et les personnes qui s'occupent d'eux, deviennent les témoins de scènes qu'aucun enfant ne devrait jamais voir et sont coupés de leurs écoles et de leurs réseaux de soutien essentiels. Et comme les ressources sont détournées et les services saturés, les services de santé essentiels dont ils dépendent si fortement - y compris les programmes de vaccination de routine - risquent maintenant d'être compromis, voire de disparaître complètement.

Les virus ne connaissent pas de frontière

Si cela se produit, ce seront une fois de plus les enfants et les familles les plus vulnérables qui souffriront le plus. La première vague de la pandémie a entraîné des réductions drastiques de la disponibilité et de l'utilisation des services de santé publique essentiels en Asie du Sud, nous coûtant la vie d'environ 228 000 enfants et 11 000 mères. Nous ne pouvons tout simplement pas laisser cela se reproduire. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que les services essentiels de santé, de vaccination et de nutrition continuent de fonctionner - et faire en sorte que les femmes et les enfants du monde entier se sentent en sécurité pour les utiliser.

Les virus ne connaissent pas de frontières. Nous devons maintenant nous rassembler en tant que communauté mondiale pour mettre fin à la dévastation et protéger nos enfants. »