Covid-19: UNICEF se mobilise pour l’éducation des enfants Rohingyas

Publié le 05 juin 2020

La pandémie de COVID-19 entrave l'accès à l'apprentissage des enfants réfugiés dans les camps. Dans le plus grand d’entre eux, situé au Bangladesh et dénommé Cox’s Bazar, se dresse un immense défi: celui de la continuité éducative. 

Shefuka, 9 ans, vit dans le camp de réfugiés Rohingya de Cox’s Bazar avec sa mère et ses trois frères et sœurs. Alors que les écoles restent fermées dans de nombreux pays dans le monde, des étudiants comme elle tentent de s’adapter à un nouveau quotidien en suivant les cours à distance malgré les nombreux obstacles comme, par exemple, les coupures d’électricité régulières. 

« Je suis très triste que notre centre d'apprentissage soit fermé. Je ne peux pas continuer mes études comme avant. Ici, je lis des livres et joue aux jeux que nous avons appris au centre d’apprentissage avec mon frère et mes sœurs. Mais je m’ennuie de rester à la maison tout le temps », explique Shefuka.

Fatema, la mère de Shefuka, souhaite une vie meilleure pour ses enfants. En tant que femme cheffe de famille, elle fait face à de nombreux défis. Elle met fortement l'accent sur l'éducation, en particulier pour ses filles.

« J'encourage toujours mes filles à étudier. Il m’est très difficile de fournir de la nourriture et de prendre soin de mes enfants. Nous survivons d'une manière ou d'une autre mais c'est un combat difficile », se confie-t-elle.

Une situation préoccupante 

Depuis le 17 mars dernier, tous les établissements d'enseignement du Bangladesh et les centres d'apprentissage des camps ont été fermés pour endiguer la propagation du coronavirus, touchant ainsi 315 000 enfants rohingyas, dont 216 000 qui fréquentaient le réseau de 2 500 centres d’apprentissage d’UNICEF.

En plus de cela, s’ajoute un autre défi puisque les enseignants bangladais ne peuvent plus accéder aux  camps de réfugiés. Les services ont été considérablement réduits pour minimiser les risques de transmission de maladies dans les camps congestionnés. 

« Si les parents ne sont pas éduqués, ils sont moins susceptibles d’être en mesure de guider l’apprentissage de leurs enfants. De nombreux parents rohingyas sont analphabètes, il est donc difficile d'assurer un apprentissage systématique par le biais de l'éducation à domicile. Cela varie également d'un ménage à l'autre », explique Charles Avelino, responsable de l’éducation au bureau d’UNICEF à Cox’s Bazar. 

Sur place, les équipes d’UNICEF sont mobilisées

UNICEF forme des enseignants et des parents bénévoles rohingyas avec des lignes directrices visant à maintenir l’éducation et fournit également des livres illustrés, des messages audios préenregistrés et des cahiers d’exercices pour les enfants les plus démunis. Plus de 100 000 ménages de réfugiés ont bénéficié de cet apprentissage à distance

Nos équipes incitent aussi les jeunes femmes alphabétisées à soutenir les enseignants bénévoles rohingyas et les parents les plus démunis pour faire en sorte que leurs enfants aient des chances égales de bénéficier d'un apprentissage à domicile

Plus largement, UNICEF ne se borne pas à apporter son soutien à l’éducation mais contribue également sur tous les terrains. En matière d’eau et d’assainissement, nous avons pu fournir de l’eau potable et du savon à plus de 240 000 réfugiés rohingyas, dont plus de la moitié est représente des enfants et 9 500 latrines et 4 700 points et réseaux de distribution d’eau ont été désinfectés.