Crise libyenne : basé aux frontières, l’Unicef adapte son action

Publié le 17 mars 2011 | Modifié le 31 mars 2016

Installés aux frontières égyptienne et tunisienne, l’Unicef et ses partenaires prennent en charge une partie des populations qui fuient le conflit depuis plusieurs semaines. À l’intérieur du pays, les combats entre les forces gouvernementales et les insurgés prennent chaque jour plus d’ampleur. Un contexte inquiétant pour l’Unicef et les autres acteurs humanitaires qui doivent rester aux frontières pour le moment. Le point sur la situation.

 

 

Pris dans un véritable étau de violences, des dizaines de milliers de personnes quittent la Libye pour se rendre dans les pays voisins. D’après les derniers chiffres, plus de 280 000 personnes sont déjà parties : 150 000 ont fui en Tunisie, 118 000 en Égypte, 9000 en Algérie et 2200 au Niger. Ces mouvements de populations varient de jour en jour, ce qui rend le travail des acteurs humanitaires très délicat. Aujourd’hui, l’Unicef estime à 5,8 millions d’euros la somme qui lui est nécessaire pour intervenir en Libye, en Égypte et en Tunisie dans les trois prochains mois.

 

L’action de l’Unicef aujourd’hui

 
En Égypte ou en Tunisie, il s’agit d'abord de répondre aux besoins en matière de santé, de protection de l’enfant, de nutrition, d’eau et assainissement et d’hygiène.

En Tunisie, l’Unicef a déjà envoyé 47 tonnes de matériel dans la ville de Ben Guerdane, tout près de la frontière tuniso-libyenne. Au jour d’aujourd’hui, du matériel d’installation pour des latrines, 10 000 couvertures, 5000 kits d’hygiène et 100 kits de développement pour la petite enfance (contenant des jeux éducatifs et du matériel de dessin) ont été distribués. Ce à quoi s’ajoutent des jerricanes d’eau potable, des kits de première aide, etc.

Selon Maria-Luisa Fornara, Représentante de l’Unicef en Tunisie, « plus il y a de familles qui traversent la frontière pour fuir la violence, plus l'Unicef et ses partenaires intensifient leur action pour répondre aux besoins humanitaires ».   

En Égypte, au poste frontalier de Salloum, l’Unicef et ses partenaires ont pu distribuer 54 000 litres d’eau potable. Des toilettes amovibles sont régulièrement installées. L’Unicef supervise aussi un groupe de personnes chargées exclusivement de l’eau et de l’assainissement. Un camion de nettoyage a également été appelé pour aider à maintenir une propreté de base dans le camp.

 

Donner la priorité aux enfants

 

Sur ces deux frontières, grâce à l’aide humanitaire, aucune épidémie n’est apparue jusqu’à présent, mais la vigilance est de mise. En Tunisie, comme en Égypte, l’Unicef travaille étroitement avec le Ministère de la Santé pour vacciner au plus vite les enfants de moins de 5 ans. En parallèle, pour mieux les prendre en charge, l’Unicef met en place des espaces amis des enfants, permettant aux plus jeunes de se retrouver et de jouer ensemble.

Comme Saida (voir photo), des milliers d’enfants ont aujourd’hui besoin d’aide, à chaque frontière de la Libye. Arrivée avec sa famille dans le camp de Choucha, à la frontière tuniso-libyenne, le 8 mars dernier, la petite fille a déjà traversé de nombreuses crises. À seulement 6 ans, elle sait déjà très bien ce que c’est que de vivre en étant une réfugiée. Née en Somalie, Saida a très vite quitté son pays pour le Soudan, puis la Libye. Sa famille a attendu que la situation y soit trop difficile avant de se décider à partir. La petite fille ne sait pas encore si elle reverra ses amies libyennes, en tout cas, pour le moment, elle semble avoir rencontré de nouveaux camarades de jeu à Choucha, en attendant que des horizons plus heureux s’ouvrent à elle.
 

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