Crises oubliées : notre action entravée par le manque de fonds

Publié le 21 août 2005 | Modifié le 24 juin 2015

En 2004, le montant total des fonds demandés par l'UNICEF pour accomplir son mandat s'élevait à près de 393 millions de dollars. Seuls 53% de ces besoins ont été couverts.

Des réponses partielles et tardives des bailleurs de fonds Les crises durables (la majorité de ces crises dure depuis plus de dix ans ) et oubliées affectent 33 pays* dans le monde. L’UNICEF s’efforce de porter assistance aux victimes de ces crises, y compris celles qui sont ignorées ou oubliées. Il s’agit d’être et de rester sur le terrain pour soutenir, accompagner et reconstruire dans la durée. Dans ces crises, les enfants et les femmes sont les premiers à souffrir. Ces derniers sont particulièrement vulnérables à la maladie, la malnutrition et la violence. 45% (soit près de la moitié) des 3,6 millions de personnes tuées au cours des conflits qui se sont déroulés pendant les années 1990 avaient moins de dix-huit ans. Des millions d'autres enfants ont été gravement blessés ou handicapés à vie, ont subi des violences sexuelles ou des traumatismes, ont souffert de la faim et de la maladie. Près de vingt millions d'enfants ont été chassés de leurs foyers ou de leur communauté par la guerre. Les efforts de l’UNICEF visant à porter assistance sur la durée aux victimes des crises durables les plus complexes restent entravés par un grave manque de fonds. Les bailleurs de fonds réagissent souvent trop partiellement ou, dans le cas du Niger, trop tardivement aux appels lancés par les acteurs humanitaires. Après l’urgence, le silence La réponse tardive de la communauté internationale à la crise alimentaire au Niger montre une fois de plus que les médias sont un relais indispensable pour rendre visible une crise et susciter une réaction de la part des bailleurs de fonds. Ce n’est qu’à partir du moment où des images d’enfants nigériens souffrant de malnutrition ont été diffusées par les médias que la communauté internationale s’est mobilisée et ce, en dépit des alertes lancées dès la fin 2004. La médiatisation d’une crise a un impact direct sur les sommes mobilisées pour venir en aide aux victimes. Cependant, les contraintes et les logiques auxquelles sont soumis les médias ne leur permettent souvent pas d’assurer le suivi des crises : les crises oubliées le sont en premier lieu des médias et, par voie de conséquence, de l’opinion publique et des bailleurs de fonds. Il n’existe pourtant pas de corrélation entre les besoins d’une population et la médiatisation d’une crise. En outre, le caractère chronique de certaines urgences rend l’opinion publique fataliste et moins mobilisée. Le défi consiste à mobiliser l’opinion publique sur ces «angles morts » médiatiques car les crises perdurent malgré le silence qui les entoure.

Des appels de fonds non pourvus : l’exemple du Tchad L’évolution de la situation politique au Soudan et l’arrivée massive de réfugiés du Darfour ont eu un impact direct sur la situation démographique, environnementale politique et sécuritaire du Tchad. Au cours des derniers 16 mois, le conflit au Darfour s'est traduit par l'arrivée de 200 000 réfugiés dans l'Est du Pays. Cet afflux de réfugiés soudanais s'ajoute aux 30 000 réfugiés originaires de la République Centrafricaine déjà présents dans les régions de la Grand Sido et de la Nya Pendé au sud du pays. Avant même la crise du Darfour, les populations locales vivaient déjà dans un environnement fragile. L'afflux de réfugiés, l'instabilité régionale et le trafic d'armes transfrontalier, conjugués à la faible pluviométrie enregistrée en 2004 mettent aujourd'hui en danger la stabilité économique et politique de la région et du pays. Pour la réalisation de son programme d'urgence en faveur des enfants et des familles vulnérables du Tchad, l'UNICEF a lancé en 2005 un appel d'un montant de 7 millions de dollars. Jusqu'à présent, seulement un tiers de cette somme a pu être réuni. Le financement des efforts menés au Darfour n'offre pas un tableau plus réjouissant : seuls 30 % des objectifs d'aide d'urgence pour cette année ont été atteints.

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