Darfour : le manque de fonds menace la santé et la protection des enfants

Publié le 16 mars 2006 | Modifié le 31 mars 2016

 10,9 millions de dollars ont été versés ou promis à l’UNICEF, c’est à dire seulement 11% du montant total nécessaire pour agir dans la région pour le reste de l’année. Ces ressources seront épuisées d’ici quelques mois.
 
« Près de 2 millions d’enfants piégés dans ce conflit, dépendent de nos efforts à les protéger des maladies, des effets du conflit et à leur permettre d’aller à l’école, a déclaré Ted Chaiban, le représentant de l’UNICEF au Soudan. Le conflit au Darfour entre dans sa troisième année et n’est pas au centre des préoccupations internationales. L’UNICEF tire la sonnette d’alarme car le manque de fonds pour les programmes d’eau et assainissement, de santé, d’éducation et de protection est une menace supplémentaire pour les enfants. »
 
L’insuffisance de financement pourrait avoir des conséquences graves pour les enfants du Darfour :

  • L’UNICEF et ses partenaires au Darfour travaillent à la vaccination d’un demi-million d’enfants vulnérables aux maladies. Mais, sans ressources supplémentaires pour maintenir les systèmes de chaîne du froid et financer des campagnes spéciales, peu d’enfants seront vaccinés, ce qui représente une menace pour leur santé.
  • Si l’entretien et l’expansion des infrastructures d’eau et d’assainissement sont stoppés, des millions de personnes pourraient voir leur accès à l’eau potable réduit ou bloqué, avec pour conséquence la propagation rapide de maladies liées à l’eau souvent mortelles.
  • Le manque de ressources pourrait entraîner la fermeture d’écoles et laisser des centaines de milliers d’enfants privés d’accès à l’éducation. Environ 382 000 enfants ont profité du soutien de l’UNICEF en matière d’éducation avec notamment la distribution de fournitures scolaires et la rémunération des enseignants.
  • L’insécurité croissante empêche déjà les agences humanitaires d’atteindre plus de 500 000 personnes.

« Sans financements significatifs et immédiats, étant donné les problèmes en matière de sécurité et d’accès, la crise qui a été évitée l’année dernière pourrait réapparaître, a ajouté Ted Chaiban. Dans bien des cas, les gens sont toujours entièrement dépendants de l’assistance humanitaire car le conflit n’est pas résolu. Nous devons agir maintenant pour éviter une détérioration sérieuse de la situation. »
 
Pour rappel, l’UNICEF dans son rapport sur les urgences 2006 publié fin janvier, soulignait déjà que plus d’un tiers des 805 millions de dollars nécessaires aux urgences était destiné à aider les enfants du Soudan.

L’UNICEF a lancé un appel de 89 millions de dollars pour poursuivre ses opérations au Darfour.

Cette aide est d’autant plus justifiée qu’elle a, jusqu’à présent, porté ses fruits. Le nombre global de personnes admises dans les programmes de nutrition redevient stable (après le pic atteint l’été dernier). Les études menées localement sur la malnutrition confirment ce retour à la stabilité. Le début d’année 2006 se traduit même par une amélioration globale si l’on fait la comparaison avec les chiffres de la même époque l’année dernière.

7 études menées localement en décembre et janvier derniers dans le nord et le sud du Darfour font état d’un seul cas dépassant le seuil d’urgence de malnutrition de 15% : il concerne deux camps du Nord du Darfour (Mellit et Hay Abassy) et il s’élève à 18%.

Une campagne pour fournir de l’huile iodée a été conduite à la fois dans le nord et le sud du Darfour en février. Elle a visé un total de 48 111 enfants et 48 682 mères dans le nord,  et de 175 968 enfants et 112 385 mères dans le sud.

Une campagne contre la polio, accompagnée de distribution de vitamine A, a été conduite à travers les trois Etats du Darfour en février. Elle a touché 1,37 million d’enfants de moins de 5 ans (soit une couverture de 92%).

Toutefois, l’insécurité galopante à travers les trois Etats continue d’entraver l’apport d’aide humanitaire.

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